Cyclisme

ÉCLAIRAGE

Si Milan-Sanremo ne comptait pas quelque 287 kilomètres, ce qui en fait la plus longue des classiques de Coupe du Monde, nous serions tentés d'écrire qu'Erik Zabel n'a pas dû donner un coup de pédale de trop pour s'imposer sur la Via Roma Pour la quatrième fois en cinq éditions, le coureur de la Telekom a coupé la ligne devant tous ses concurrents. Des hommes forts qui, comme d'habitude, n'ont pu faire la différence dans un Poggio qui ne parvient plus à s'instituer comme le juge de Paix de la Primavera.

SPECTACLE TÉLÉVISUEL DÉCEVANT

Il y a une grosse dizaine d'années d'ici, les reportages de la RAI étaient tellement lamentables que le téléspectateur devait décrypter l'action de Milan-Sanremo. Depuis que les retransmissions sont valables (sans égaler celles de la VRT et de la RTBF, petit cocorico), force est de reconnaître que le spectacle proposé par la Primavera est décevant. La faute aux coureurs? La faute au parcours? Toujours est-il que l'amateur de sport cycliste sera resté sur sa faim ce samedi et gageons que beaucoup se seront laissés tenter par Ecosse-Belgique.

Pour durcir la course, les organisateurs -sans doute conscients du problème- n'avaient pas hésité à introduire quelques difficultés au tracé. Ainsi, le Bric Berton fut avalé sans la moindre indigestion par les échappés, ainsi que par le peloton. Les traditionnels Capi qui ont suivi se sont montés en puissance pour s'achever sur un Poggio où les hommes forts esquissèrent une offensive, mais sans plus.

Bref, une fois de plus, la plus longue classique trouva son dénouement dans sa dernière ligne droite, ce qui, d'un point de vue du scénario est décevant.

Remettons le Campanile au milieu du village Outre les cinq autres classiques de Coupe du Monde qui sont là pour faire vraiment mondial, force est de reconnaître que cinq épreuves sont des monuments: Milan-Sanremo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Si l'on tient compte que ce dernier est désavantagé par sa programmation tardive (désintérêt des coureurs et des médias) et que le premier cité n'emballe plus vraiment personne, que reste-t-il? Les trois autres me direz-vous. Et c'est vrai que ces dernières années, on a davantage vibré -chauvinisme mis à part- sur ces trois classiques. Si Paris-Roubaix est une épreuve réservée aux spécialistes -il n'y a qu'à recenser combien des vingt premiers du classement UCI se présentent au départ-, le Tour des Flandres -quoiqu'il faille pouvoir frotter- et Liège-Bastogne-Liège peuvent sourire aux hommes en forme. Claudy Criquielion n'a-t-il pas gagné à Meerbeke et Dirk De Wolf ne s'est-il pas imposé à Liège?

Bref, tout ça pour dire que le meilleur est à venir avec comme bonus appréciables, une Flèche wallonne toujours plaisante et une Amstel Gold Race qui mériterait, eu égard à son tracé, de bénéficier d'une organisation plus sécurisante pour les coureurs.

LA PREUVE PAR MARIO

Revenons à ce Milan-Sanremo. Nous aimons beaucoup le beau Mario mais sa deuxième place, à elle seule, discrédite la Primavera. Si l'on retrouvera Erik Zabel sur les autres terrains de la Coupe du Monde, ce ne sera pas le cas de Mario Cipollini. Super Mario pourrait certes épingler un Paris-Tours à son palmarès hautement respectable, mais, qui s'intéresse à Paris-Tours? Personne, soyons francs. Retrouver le bellâtre sur le podium de Milan-Sanremo est une preuve supplémentaire que cette épreuve ne provoque plus la sélection que l'on est en droit d'attendre d'une course ayant ce cachet.

Cipollini s'était certes classé deuxième en 1994, mais il sprintait cette année-là pour la deuxième place, loin derrière l'inaccessible Furlan de la non moins inaccessible équipe Gewiss

© La Libre Belgique 2001