Cyclisme

Pendant trois jours et demi, les 4 témoignages de deux experts indépendants et de deux techniciennes du laboratoire antidopage français avaient révélé que les techniciennes avaient commis des "erreurs" lors des procédures.

Erreurs que Christiane Ayotte, la directrice du Laboratoire antidopage de Montréal, a jugé sans conséquences sur les résultats des analyses. Mais jeudi après-midi, l'audition a pris un tour moins attaché au dossier en tant que tel mais beaucoup plus "explosif". Arrivé dans la salle d'audience de l'Université de Pepperdine, à Malibu, LeMond a mis à mal l'image de son compatriote.

Interrogé par l'avocat de l'agence américaine antidopage Matthew Barnett, LeMond a expliqué avoir été "sexuellement abusé" dans sa jeunesse et avoir partagé cette confession avec Landis lors d'une explication téléphonique le 6 août.

Cette révélation qui a semblé très loin du cas "Landis", a pris tout son sens lorsque le triple vainqueur de la Grande Boucle a expliqué avoir reçu un appel téléphonique mercredi soir, attribué après recherches à Will Geoghegan, ami et agent de Landis présent lors de cette audition. "Il (l'interlocuteur) a dit: "C'est ton oncle". (...) Je n'ai qu'un seul oncle que je n'ai pas vu depuis 20 ans. J'ai alors dit "si vous voulez bien arrêter cela, c'est énervant"", a commencé LeMond. M. Geoghegan aurait alors ajouté: "Je serai là demain (jeudi) et nous pourrons parler de la façon dont tu avais l'habitude de cacher ton "zizi"", a poursuivi LeMond, avouant après avoir immédiatement senti une intimidation.

Après environ 45 minutes de suspension et une vaine tentative des avocats de Landis de faire annuler le témoignage de LeMond, les avocats des deux parties ont obtenu un délai pour préparer le témoignage de M. Geoghegan, qui s'est immédiatement fait renvoyer de ses fonctions d'agent de Landis.

Moins fracassant mais tout aussi instructif, le témoignage de LeMond a aussi tourné autour de la conversation téléphonique du 6 août, au cours de laquelle il avait révélé son "secret". Ce jour-là, Landis a appelé LeMond pour se plaindre de commentaires "désagréables" qu'avait fait ce dernier en apprenant le contrôle positif de Landis lors de la 17e étape de Tour de France, quelques jours plus tôt.

"J'étais très clair sur le fait que je ne préjugeais pas de ce qu'il avait fait ou pas, car les résultats de l'échantillon B n'étaient pas connus. Je lui ai dit +si tu l'as fait, tu peux changer le sport. Tu peux être celui qui va sauver le sport", a expliqué LeMond. "Pour le bien de quoi le ferais-je ?", aurait alors rétorqué Landis, sans que LeMond ne précise si Landis parlait de s'être dopé et d'avouer s'être doper.