Cyclisme

Dans cette nouvelle période très sombre de l'histoire du cyclisme, avec le cataclysme de l'affaire Fuentes et des transfusions sanguines, le geste de Jens Voigt à l'égard du valeureux Juan Manuel Garate fait énormément de bien à tous les passionnés de sport et de vélo.

Alors qu'il n'avait logiquement pris aucun relais de la très belle échappée de vingt coureurs, lancée très tôt dans cette grande étape de montagne avec Di Luca, Spezialetti, Sella, Baliani, Laverde, Parra, Petrov, Valjavec, Villa, Horrach, Tschopp, Zampieri, Eltink, Illiano, Halgand ainsi que Bettini et Engels pour épauler Garate tandis que l'Allemand de la CSC était accompagné de Julich, Jens Voigt aurait pu faire comme George Hincapie sur le Tour de France l'an passé. L'Américain avait en effet crucifié Pereiro sur les sommets du Pla d'Adet, alors qu'il s'était contenté de suivre l'Espagnol...

On pensait que ce scénario allait se répéter, hier. Mais Jens Voigt a prouvé qu'il était un grand champion. Sur le fond, il était normal qu'il ne roule pas dans un premier temps suite aux présences des relativement bien placés Di Luca, Garate et Halgand pour protéger Basso. Mais quand il s'échappa avec Garate vers la victoire d'étape dans le col du San Pellegrino, alors que le champion d'Espagne ne représentait quand même pas un grand danger pour Basso puisqu'il était à près de vingt minutes du maillot rose, Voigt aurait pu rouler. Ce qu'il n'a pas fait. L'Allemand a donc été grand seigneur, laissant la victoire au coureur de Quick Step. Un grand geste, qui confirme le caractère très sympathique du guerrier allemand. «Je n'ai pas travaillé et dans ces conditions, je ne peux pas gagner, ce ne serait pas juste», expliqua-t-il.

La victoire de Garate récompense le leader de la Quick Step, lui qui avait déjà tenté de surprendre les ténors du peloton dans une longue échappée, celle qui avait vu le succès de Verbrugghe. «Il m'avait dit qu'il ne ferait pas le sprint, détaille l'Espagnol. C'est un geste d'un champion et je ne l'oublierai pas!»

Cette étape a également vu un meilleur Damiano Cunego, même si le «Petit Prince» n'a pas été en mesure de suivre Basso et Simoni, qui était passé à l'offensive pour tenter de reprendre du temps à Gutierrez, un moment en difficulté mais qui a bien limité la casse. Et Ivan Basso, à deux jours de son premier sacre dans un grand tour, a passé la journée la tête dans les étoiles, puisqu'il venait d'apprendre, hier matin, la naissance de son fils...

Jan Ullrich abandonne

Le Tour d'Italie s'est, en revanche, terminé plus tôt que prévu pour Jan Ullrich, qui a abandonné en cours d'étape. Alors qu'il était venu pour parfaire sa condition et se rassurer après son début de saison retardé, celui qui figure toujours parmi les favoris du Tour de France s'était pleinement rassuré en remportant le contre-la-montre individuel de Pontedera. Fatigué, Ullrich n'a pas «voulu prendre de risques».

© Les Sports 2006