Cyclisme Treizième, l’Anversois aura été l’un des acteurs de sa dernière course.

Il y a des chapitres que l’on voudrait réécrire avant même d’en avoir terminé la dernière ligne. Tom Boonen 13e de son Paris-Roubaix, c’est un peu comme un fantastique thriller dont le final tomberait à plat, une comédie romantique qui finirait sur une dispute.

Acteur d’une course dont il tenta de forcer le déroulement en plusieurs instants, l’Anversois dut se contenter d’un second rôle dans la finale. Au pied du bus de la Quick Step Floors, dont les abords avaient pris, dimanche, les allures des premiers rangs d’un concert rock, membres du staff et supporters semblaient tenter de racler dans le fond de leur gorge un goût tenace de trop peu.

Une heure après avoir franchi pour la dernière fois la ligne d’un vélodrome très largement acquis à sa cause et digéré les événements, l’Anversois ne cherchait pourtant aucun faux-fuyant. Au beau milieu d’une cohue que même nos plus estimés et expérimentés confrères assurent n’avoir jamais vécue, le quadruple vainqueur de l’épreuve déroula aux dizaines de micros tendus vers lui un discours à son image : honnête et sincère.

"Durant la plus grande partie de la journée, je n’ai jamais eu de super sensations", commentait ainsi Boonen. "Comme je m’y attendais, certains m’ont marqué de très très près. John Degenkolb, par exemple, a sans doute livré la course la plus lâche de sa carrière en restant vissé à ma roue arrière sans jamais assumer de relais… Sur les tronçons pavés où il aurait pu m’être possible de faire la différence, le vent soufflait le plus souvent de face, ce qui compliquait évidemment ma tâche. J’ai donc rapidement dit à Stybar que s’il flairait un bon coup, il pouvait y aller. Il a bénéficié de plus de libertés que moi et les circonstances de course nous ont finalement amenés à jouer sa carte dans l’équipe. Une fois Styby à l’avant, il n’y avait plus véritablement d’équipe dans notre groupe pour assumer le poids de la poursuite. Seuls les Lotto ont pris leurs responsabilités lorsque Greipel est rentré."

Arrivé sur l’anneau du Nord dans un groupe de treize coureurs en lutte pour la sixième place, Boonen ne disputa pas ce sprint pour les accessits aux Démare, Greipel ou Theuns.

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