Marc Wauters signe sa joyeuse entrée

PAR CHRISTOPHE BLAIVIE Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

ANALYSE

La fête en Belgique! Pour une étape qui ressemblait à une Kermesse, quoi de plus normal qu'un Belge, un Flahute, s'illustre... Mais Marc Wauters a fait plus en décrochant la tunique jaune au nez et à la barbe d'une foule de prétendants, ce qui est encore plus fort.

Bref, Marc Wauters nous a refait le coup de Johan Bruyneel à Liège il y a six ans. A l'époque, dans un final qui ressemblait furieusement à un Liège-Bastogne-Liège (tiens, tiens...), le coureur de chez Once avait bénéficié du travail de Miguel Indurain dont il avait copieusement sucé la roue avant de le déposer au sprint. Pas une seconde, on ne pensa faire des reproches à Bruyneel, surtout pas Indurain dont les objectifs étaient autres. Indurain était également de la race des seigneurs, pas du genre à monnayer une quelconque grâce.

PRETOT EN POISSON-PILOTE

Hier entre Calais et Anvers, l'histoire s'est à peu près répétée, même si le tracé plat comme un billard ne valut que par l'intensité de son final. En effet, avant que ce brave Paul Van Hyfte n'obtienne un bon de sortie pour aller saluer une famille qu'il ne trouva d'ailleurs jamais, le peloton avait joyeusement musardé. C'est dans ce village d'Ertvelde, à 58 bornes de l'arrivée que tout se décanta. Au risque de se faire tancer par le peloton, le coureur de chez Lotto prit la roue d'un trio qui gonfla vite pour former un groupe de 16 coureurs. Quelques locomotives avaient pris le bon wagon: Dekker, Wauters, Verbrugghe et O'Grady, ce dernier ayant toutes les cartes en mains pour ravir le maillot jaune à Moreau. En effet, le Kangourou

du Crédit agricole était pointé à seulement 11 secondes du maillot jaune et, qui plus est, il était accompagné par trois équipiers. Les hommes de Legeay menèrent un train d'enfer jusqu'à la flamme rouge avant de relâcher leur emprise. C'est le moment que choisit Wauters pour placer son attaque. L'ex-vainqueur de Paris-Tours fit un petit écart mais laissa judicieusement le Français Pretot le rejoindre et faire l'essentiel du travail. Bien calé dans la roue de ce poisson-pilote de fortune, Wauters attendit les 200 derniers mètres pour gicler et couper en vainqueur la ligne d'arrivée.

Wauters à Anvers, Verbrugghe à Seraing? La coupe serait pleine et, à l'image du tennis - une finale pour Kim, une autre pour Justine - la parité linguistique parfaitement respectée...

© La Libre Belgique 2001

PAR CHRISTOPHE BLAIVIE

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