Cyclisme

Le sprint royal annoncé s’est longtemps fait désirer. À un moment, on a même cru que les rois de la dernière ligne droite arriveraient fanny sur la Canebière. La faute à une échappée belle. Une échappée belge aussi, puisque notre Thomas De Gendt national, visiblement remis de ses ennuis de santé qui lui ont coûté 24 minutes sur les routes corses, a été le grand animateur du jour.


De Gendt, l'échappée belge

Notre compatriote de la formation Vacansoleil était déterminé à passer à l’attaque ce mercredi. De Gendt s’est dressé sur les pédales avant même le départ réel, et a déboulé hors du peloton à peine le drapeau agité. Comme c’est visiblement la coutume depuis ce début de Tour, la première tentative était la bonne. Et puisqu’il valait mieux ne pas se lancer seul dans l’aventure du jour, longue de 228 kilomètres, Thomas De Gendt était sans doute fort satisfait de recevoir le soutien des Français Sicard, Delaplace et Reza, du Japonais Arashiro et du Kazakh Lutsenko.


Le peloton traine en route

Ensemble, les six fuyards creusent rapidement l’écart, jusqu’à compter plus de dix minutes d’avance sur un peloton qui flâne sur la Côte d’Azur après quatre premiers jours de course menés à cent à l’heure. Les Orica-GreenEdge assurent un tempo minimum, à peine épaulés par l’un ou l’autre équipier de Greipel ou de Kittel. Les hommes de Cavendish, eux, restent dans l’ombre. Le Britannique serait malade, selon Patrick Lefevere.

La longue procession azuréenne de la meute continue, jusqu’au moment où le peloton se rend compte que l’écart devient un peu trop important. Lotto et Orica se mettent alors à la planche, mais l’écart ne diminue pas. Enfin, pas assez. Il faut dire que devant, l’échappée, orchestrée de main de maitre par ce fin renard de Thomas De Gendt, en a gardé sous la pédale.

Le Belge est le véritable patron de la bande. Les points en haut des côtes, c’est pour lui. Le sprint intermédiaire, pareil. Et quand à une cinquantaine de kilomètres du but, le peloton commence à revenir de manière plus significative, c’est encore le leader des Vacansoleil qui relance l’échappée, abandonnant les poids morts Sicard et Delaplace près des calanques.


La Gine ste et Tony Martin achèvent l'échappée

L’espoir est encore permis au pied du Col de la Gineste, avec deux minutes d’avance pour le quatuor de tête à moins de 20 kilomètres du but. Mais voilà : derrière, les AG2R se mettent à rouler, croyant sans doute que Samuel Dumoulin peut battre Peter Sagan au sprint. Ensuite, ce sont les Omega Pharma qui prennent le relais. Ca va visiblement mieux pour le Cav’ , et beaucoup moins bien pour les fuyards qui voient leur avance fondre sous les relais puissants de Tony Martin.

Le maillot à pois chute dans la côte – à force de grimper trop vite, ça devait arriver – mais réintègre le peloton rapidement, pendant que Lutsenko et Reza partent en duo dans un dernier baroud. De Gendt ne peut pas suivre, mais se rassure sur sa condition, et se console avec la combattivité, qui n’est donc pas toujours remise à un Français. Chavanel et Kwiatkowski font la descente, Tony Martin fait le reste : les impétueux sont repris, et le sprint royal annoncé peut enfin avoir lieu.


Cavendish, Roi du sprint

Les trains se succèdent en tête, aussi nombreux qu’à la Gare du Midi en pleine heure de pointe. Les Lotto en font trop, et c’est finalement la bande à Cav’ qui émerge dans le dernier virage. 

Trentin s’écarte, Steegmans fait monter les watts et met Cavendish sur orbite. Là, ce n’est plus le Britannique qui est malade, mais tous ses adversaires. Greipel prend le vent trop tôt, la Bombe de l’Ile de Man explose et relègue Boasson Hagen et Sagan au rang de figurants. Premier sprint royal, et confirmation : le trône est bien pour Cavendish.

Gerrans, quinzième du jour, termine devant son équipier Impey et assure son maillot jaune, pendant qu’une bonne partie de la meute prend un billet de parterre. Jurgen Van den Broeck reste longtemps au sol, la main sur l’épaule et la tête décasquée, avant de se relever pour franchir la ligne d’arrivée. Affaire à suivre.

Cav ’, lui, n’en a cure : il fête avec ses équipiers un premier succès après la désillusion au centième de la veille. Et jeudi, cela pourrait bien être rebelote, sur un parcours presque plat comme la main avec une arrivée à Montpellier, où le dernier vainqueur en date s’appelle… Mark Cavendish, évidemment.