Cyclisme

Paris-Roubaix aurait dû être une fête pour l’équipe de Wout Van Aert. Mais Michael Goolaerts a perdu la vie, ce dimanche soir. Une autopsie en France dans les prochains jours.

Cela aurait dû être un jour de fête pour Wout Van Aert, son leader, pour tous ses partenaires, pour les dirigeants et le personnel de la formation belge, Nick Nuyens, son manager, en tête, et pour tous ses sympathisants.

Mais Paris-Roubaix a tourné au cauchemar pour l’équipe Vérandas Willems-Crelan. Sur le deuxième des vingt-neuf secteurs pavés de la Reine des Classiques, celui allant de Viesly à Briastre, juste avant le premier ravitaillement, un des sept coureurs, Michael Goolaerts, s’est écroulé, tandis que la course s’emballait.

Le jeune coureur anversois de 23 ans venait de chuter lourdement sur ce tronçon en descente. Directeur sportif de la formation, Michiel Elijzen s’est évidemment arrêté pour prêter assistance à son coureur. "J’ai directement vu que c’était très grave", a raconté à nos confrères de AD l’ancien coureur néerlandais, très ému par ce qu’il avait vécu. À plusieurs reprises, une fois la course finie, il ne put retenir ses larmes. "Les médecins étaient déjà auprès de lui et ils ont effectué un très bon boulot."

Michael Goolaerts a été victime d’un arrêt cardiaque. Fut-il la conséquence de la chute ou, au contraire, la provoqua-t-il ? Impossible de le déterminer au moment où nous écrivons ces lignes. Après avoir été réanimé une première fois, le coureur fut ensuite évacué en hélicoptère vers l’hôpital Roger Salengro de Lille. Durant son transfert, le malheureux Goolaerts aurait encore été victime de deux arrêts cardiaques.

Le drame était survenu vers 13h40, et pendant les quatre heures suivantes, on n’eut guère de nouvelles du malheureux coureur. Peu après l’arrivée, sur la pelouse du vélodrome où il avait fini treizième après une crevaison dans le tronçon de Camphin-en-Pévèle alors qu’il était certainement un des cinq plus forts en course, Wout Van Aert fut directement exfiltré par ses soigneurs.

C’est au pied du bus, où la masse des sympathisants et familiers de Vérandas Willems-Crélan s’était regroupée, que le triple champion du monde fut mis au courant de la gravité de l’accident subi par son équipier. "Pendant la course, nous n’avons rien dit aux coureurs, ils savaient que Michael avait lourdement chuté, mais sans plus, témoignait Elijzen. C’est bizarre, car à partir de la chute, vous n’êtes plus vraiment dans la course, alors que vous avez quelqu’un devant qui lutte pour un grand résultat."

Plus personne ne s’exprima ensuite, à l’exception de Nick Nuyens et de l’attaché de presse de l’équipe, dans laquelle Goolaerts évolue depuis un peu plus d’un an, après avoir couru ses deux dernières saisons chez les espoirs de la formation Lotto-Soudal U23.

"Nous ne savons rien pour le moment, ni ce qui s’est passé pendant la course ni ce qui se passe maintenant", expliqua Nuyens aux nombreux journalistes et caméras qui faisaient le pied de grue devant le bus de son équipe, vers 18h00. "Nous communiquerons lorsque nous aurons des informations. Par respect, nous vous demandons de ne pas rester ici, nos coureurs ne vont rien dire non plus. Nous sommes abattus et nous attendons des nouvelles de Michael, en espérant le meilleur possible. "

Contacté, l’hôpital de Lille a confirmé que Michael Goolaerts, que ses parents et sa famille avaient rejoint en fin d’après-midi, était dans un état critique et que son pronostic vital était engagé.

Peu après 23h30, l'équipe Verandas Willems-Crelan annonçait officiellement le décès de son jeune coureur. "C'est avec une tristesse inimaginable que nous devons annoncer que notre coureur et ami est décédé ce dimanche à 22h40 à l'hôpital de Lille, en présence de sa famille et ses proches".

Une autopsie en France dans les prochains jours

Une autopsie du corps de Michael Goolaerts aura lieu dans les prochains jours en France, a indiqué lundi le parquet de Cambrai qui a ouvert une enquête sur les causes de la mort.

"Ce n'est pas une enquête pénale, c'est une enquête qui vise, quand les circonstances d'un décès sont inexpliquées, ce qui est le cas quand un jeune homme de 23 ans meurt de manière quasi subite, à élucider les circonstances sans pour autant présumer l'existence d'infractions", a précisé le parquet de Cambrai.

L'autopsie sera pratiquée dans les prochains jours en France. La date exacte n'a pas été fixée pour l'instant.

© AFP