Cyclisme

Nico Mattan a toujours le mot pour rire. Quand on lui a demandé s'il se sentait capable de gagner à Roubaix, il a répondu, du tac au tac: «Cela dépendra si les voitures et motos suiveuses sont autorisées à rouler sur le vélodrome!» Allusion à peine déguisée au chaos qui avait prévalu lors de sa victoire, mercredi à Wevelgem... Entre-temps, l'Izegemois a quand même reconnu avoir «un peu» bénéficié de l'aspiration des véhicules pour rattraper et dépasser Juan Antonio Flecha. «Mais Paris-Roubaix est une autre course et, déjà, on ne parle plus de Gand-Wevelgem, même si mon nom restera sur les tablettes», précisait, avec un clin d'oeil, l'enfant de Sint-Elois-Winkel.

Mattan est apparemment revenu sur terre, après avoir fait la fête avec ses supporters mercredi soir. «Paris-Roubaix est une course plus importante encore, dit-il, et je n'aurai aucune peine à trouver la motivation pour tenter de me distinguer dans l' Enfer, même si certains prétendent le contraire. Je suis en grande condition et j'aurais bien tort de ne pas en profiter. D'autant que ma saison des classiques se terminera mercredi prochain, au Grand Prix de l'Escaut et qu'il ne me reste donc plus tant d'occasions de tirer parti de cette belle forme.»

On verra si l'on peut prendre Mattan au mot, s'il ne sera pas quand même tenté, en cas de problèmes répétés (par exemple mécaniques) pendant la course, de se dire qu'après tout, sa saison est de toute façon déjà réussie. «Ce serait mal me connaître. Quand je prends le départ d'une épreuve, c'est toujours avec l'ambition d'abord de la gagner. Il n'en sera pas autrement, dimanche matin, au départ de Compiègne.»

On ne demande évidemment qu'à voir, même s'il est apparu, hier, lors de la conférence de presse, que Van Petegem demeurait malgré tout le tout premier chef de file. «Cela me semble normal, poursuit Mattan d'un air très sérieux. Il a quand même déjà remporté cette course. Et en faisant le doublé Tour des Flandres-Paris-Roubaix! Il mérite qu'on se dépense pour lui. Et si je peux lui servir de tremplin vers un nouveau succès dans l' Enfer du Nord, je le ferai avec grand plaisir.» On n'en doute pas une minute. L'ambiance, on l'a bien remarqué hier, était des plus détendues chez Davitamon-Lotto. «Je ne cache pas que la victoire de Mattan mercredi a amené la sérénité dans le groupe, expliquait Marc Sergeant, le manager général de l'équipe. Depuis le début des classiques, nous étions parmi les plus forts mais nous ne gagnions pas. C'est fait à présent, grâce à Nico, et cela ne peut que nous servir par la suite.»

© Les Sports 2005