Oui, VDB peut rêver du podium

Nicolas Christiaens Publié le - Mis à jour le

Vidéo
Cyclisme On la regrettera longtemps, cette crevaison à 5 kilomètres du pied de la Planche des Belles Filles. Sans doute aurait-il mieux valu la subir dans le col, être dépanné par Vanendert et revenir au prix d'un gros effort. Mais crever à quelques encablures du pied de la dernière difficulté a contraint VDB à une poursuite impossible derrière le train des Sky, lancé à toute vitesse sur le plat. Après s'être "mis dans le rouge", le leader de la Lotto-Belisol ne pouvait que limiter les dégâts, à deux minutes de Froome.

Le podium reste jouable

Le tracé de cette année étant particulièrement favorable aux rouleurs, il sera difficile pour Jurgen Van den Broeck de créer l'exploit. C'était pourtant l'année ou jamais, au vu des absences d'Alberto Contador et Andy Schleck. Notre compatriote peut toutefois encore croire en ses chances de podium pour plusieurs raisons. En étant 5e à l'aube de la troisième semaine, il peut espérer reprendre encore deux places (voire plus ?).

Celle de Cadel Evans, tout d'abord. L'Australien, s'il est le vainqueur sortant, est un habitué des défaillances en troisième semaine de grand tour. Et il se trouve qu'il a déjà montré ses limites dans les Alpes. Tout porte donc à croire qu'un nouveau "jour sans", digne de ceux qui l'avaient relégué au 30e et au 26e rang du classement général en 2009 et 2010, est envisageable dans les deux dernières étapes de haute montagne, mercredi et jeudi.

Celle de Christopher Froome, ensuite. Certes, le coureur semble être actuellement le meilleur grimpeur du peloton. Mais quelles références a-t-il sur trois semaines de course ? Un seul podium à la Vuelta, la saison dernière. Il s'agit en outre de son premier Tour de France depuis 2008 (il avait terminé 84e à l'époque). Difficile de dire s'il pourra gérer la pression et l'accumulation de la fatigue comme il l'avait fait sur le Tour d'Espagne mais il y a encore un monde d'écart avec le Tour.

Enfin, Bradley Wiggins est sans doute le moins frais des coureurs du top 5 tant sa saison fut chargée jusqu'ici. Vainqueur de Paris-Nice, du Tour de Romandie et du Dauphiné Libéré, l'actuel maillot jaune pourrait payer tôt ou tard tous ses efforts. On se souvient que même Armstrong préférait souvent s'économiser sur ces courses pour être sûr de tenir le rythme pendant trois semaines sur la Grande Boucle. Vincenzo Nibali et Jurgen Van den Broeck semblent être les mieux armés et les plus frais pour aborder cette troisième semaine. Et, outre Froome qui devra veiller sur Wiggins, ils sont sans doute les deux plus dangereux en montagne pour le leader britannique.

Vers un feu d'artifice ?

S'il est très risqué de miser sur les éventuelles défaillances des uns et des autres, comme on l'a fait ci-dessus, il est plus raisonnable de s'adonner au pronostic suivant : au moins une des deux prochaines étapes devrait donner lieu à un véritable feu d'artifice. Si les ambitions de Nibali sont peut-être satisfaites avec son podium actuel, le requin de Messine reste un attaquant né. De son côté, VDB vise clairement mieux qu'une cinquième place et Evans ne veut entendre parler que du maillot jaune. Pierre Rolland pourra également se mêler à la bagarre pour tenter de remonter au classement.

Or, les quatre hommes accusent tous un retard conséquent, surtout en prévision du contre-la-montre de Chartres, et devront donc passer à l'offensive suffisamment tôt pour reprendre beaucoup de temps à Wiggins et Froome. On peut donc espérer les voir risquer quelque chose à environ 95 kilomètres de l'arrivée mercredi (le pied du Tourmalet), ou à 45 kilomètres de l'arrivée jeudi (dans le Port de Balès), distances à partir desquelles il n'y aura plus de vallée pour permettre au collectif Sky d'anéantir ces offensives.

Messieurs, à vous de jouer !

Publicité clickBoxBanner