Cyclisme Gilbert regrette la suppression de la dernière montée du Cauberg.

Le Cauberg a longtemps été nommé "le mont Philippe Gilbert". Le coureur liégeois, également surnommé "le Roi du Cauberg", y a même été mis à l’honneur, dans le musée de l’Amstel Gold Race, qu’il a gagnée trois fois. Un triplé auquel s’ajoute son titre de champion du monde conquis à Valkenburg, en 2012, quand il s’était envolé dans les portions les plus pentues du Cauberg pour décrocher le maillot arc-en-ciel.

Mais il ne se considère plus comme un des grands favoris de la classique du Limbourg néerlandais, qui a lieu dimanche. Car le parcours a changé. Et si le Cauberg figure toujours sur le parcours, si l’arrivée est toujours située à Berg en Terblijt, la célèbre montée de Valkenburg ne sera plus escaladée juste avant la ligne.

"Personnellement, je trouve que c’est dommage d’avoir changé le parcours, car ce ne sera plus la même course désormais", détaillait-il, mercredi, après la Flèche brabançonne qui lui avait servi de reprise après son triomphe au Tour des Flandres.

"Une arrivée à 45-50 coureurs"

"Je ne connais pas encore la liste des partants, mais je pense qu’il est facile de prévoir que les managers des équipes auront analysé ce changement comme tout le monde. Et prendront donc davantage de sprinters dans leur effectif. Le parcours se prête à un sprint, les sélections seront faites en fonction d’un sprint, toutes les conditions sont vraiment réunies pour que ce soit alors un sprint. Bien sûr, tout dépend de la situation de la course, de la météo, mais je vois une arrivée pour la victoire avec un peloton de cinquante à quatre-vingts coureurs."

Cela signifie que le champion de Belgique n’a aucune chance, dimanche, dans ce rendez-vous qui poursuit, après la Flèche brabançonne, la semaine de transition entre les grandes épreuves d’un jour flandriennes et les deux Ardennaises ? "Je pense que je serai là, répond-il. Mais la dernière ascension du Cauberg va me manquer, c’est évident. Mais c’est comme ça. Et je m’estime déjà très content d’avoir pu gagner trois fois l’Amstel Gold Race."

Il l’a effectivement remportée en 2010, en 2011 et en 2014. "Je le répète, je pense que ce sera un sprint, mais dans mon équipe Quick Step Floors, nous avons aussi des mecs qui peuvent gagner un sprint."


Quick Step Floors sans Alaphilippe

Sa formation devra se passer de Julian Alaphilippe. Le Français, victime d’un problème au genou suite à une chute au Tour du Pays basque, a dû déclarer forfait pour toutes les Ardennaises.

"C’est une grosse perte pour l’équipe pour les prochaines courses, car c’est toujours mieux d’avoir une solide carte en plus dans le final d’une classique, évoque Philippe Gilbert au sujet de son coéquipier. C’est toujours plus facile d’être à plusieurs. Il reste Dan Martin. Mais c’est un mec qui court plus à l’arrière, c’est plus un suiveur. Mais il reste un gars très solide pour ces courses. Je suis aussi déçu pour Julian, car c’est un mec que j’apprécie. Il a du talent, et il avait énormément travaillé en vue des Ardennaises. Mais c’est comme ça, on ne sait rien y changer. Il faut faire avec."


Une course de transition

Au début de la saison cycliste, l’habitude est de couper le printemps en deux parties : les courses flandriennes et ardennaises. Au soir de Paris-Roubaix, les uns tirent le bilan de leurs classiques et les autres arrivent en Belgique, bourrés d’ambitions, pour venir défendre leurs couleurs sur le sol wallon et dans le Limbourg néerlandais.

Mais la frontière entre classiques pavées et wallonnes est devenue ténue au fur et à mesure des années. Bon nombre de coureurs de type flandrien ont désormais pris l’habitude de continuer leur saison jusqu’à la Flèche brabançonne, voire l’Amstel Gold Race. Cette année, Philippe Gilbert, étincelant sur le Tour des Flandres, reviendra chercher un quatrième succès sur l’Amstel Gold Race, une course qui lui sied à merveille, lui qui est le prototype du coureur tout-terrain. Greg Van Avermaet a lui aussi décidé de prolonger sa saison jusqu’à au moins la classique néerlandaise.

Elle n’est pas un monument

"L’Amstel Gold Race, c’est vraiment une course entre les Flandriennes et les Ardennaises, une sorte de transition parfaite", glisse notre consultant, Rik Verbrugghe.

"Dans cette course, deux types de coureurs s’affrontent : les coureurs de pavés qui prolongent des coureurs plutôt type ‘puncheurs’qui sortent du Tour du Pays basque. C’est sans aucun doute la grosse particularité de cette course-là. Il y a un peu plus de côtes que dans une course flandrienne, ce qui rend l’épreuve un peu plus usante."

Avant les petits monts du Limbourg, les coureurs doivent frotter pour se mettre en bonne position, un peu comme au Tour des Flandres.

L’Amstel souffre un peu de la concurrence avec la Flèche wallonne et avec Liège-Bastogne-Liège, ses deux grandes sœurs. "La course néerlandaise n’est pas inscrite dans les mentalités comme étant un monument cycliste", souligne l’ancien porteur du maillot rose sur le Giro.

"L’Amstel est aussi une course un peu plus jeune, il faut le rappeler. Maintenant, il faut tout de même signaler que l’Amstel est longue de plus de 250 kilomètres, ce qui n’est pas rien !"