Cyclisme

Tom Boonen vit des moments difficiles. Depuis son succès à Paris - Roubaix, le dimanche 13 avril dernier, victoire qui avait d'ailleurs sauvé son printemps sportif jusqu'alors décevant, le Campinois a défrayé la rubrique à plusieurs reprises, mais à chaque fois pour des faits auxquels l'ancien champion du monde n'avait pas habitué ses admirateurs jusqu'ici.

À charge

Le coureur Anversois a subi un contrôle inopiné de la Communauté flamande le 26 mai. Des traces de cocaïne ont été découvertes dans ses urines. A la suite de quoi, le domicile belge de Boonen (chez ses parents, à Postel, près de Mol) a été perquisitionné lundi en fin d'après-midi, ainsi que celui de sa compagne, Lore. Les enquêteurs n'ont rien découvert à cette occasion, tandis que Boonen a été entendu comme l'a confirmé le parquet de Turnhout qui n'a pas voulu en dire plus.

Va-t-il être suspendu ?

Le contrôle ayant été effectué deux jours avant le départ du Tour de Belgique (où il a gagné la dernière étape), Tom Boonen ne risque a priori aucune sanction sportive mais bien des sanctions pénales. La cocaïne est un stimulant. Elle est considérée comme un produit interdit par le code mondial antidopage, mais uniquement en compétition. C'est le règlement de chaque fédération sportive qui prévaut. Celui de l'Union cycliste international est clair. Le terme "en compétition" se réfère à la période qui commence le jour (en fait huit heures avant le départ de la course à laquelle participe le coureur ou pour laquelle il a été confirmé comme partant) ou, dans le cas d'un grand tour, trois jours avant le jour du départ de la manifestation et qui se termine le jour de la fin de la manifestation à 24 heures.

"Deux jours avant une compétition, le contrôle est considéré comme hors compétition, mais le même résultat un jour avant la course aurait conduit à un cas positif de dopage", a confirmé Enrico Carpani, porte-parole de l'UCI.

Sera-t-il puni pénalement ?

S'il a échappé à une suspension sportive pouvant aller jusqu'à deux ans, l'usage de la cocaïne étant interdit en Belgique, l'ex-champion du monde risque par contre une peine pénale. Celle-ci peut aller de trois mois à cinq ans de prison (avec ou sans sursis) et d'une amende de 1 000 à 100 000 euros pour possession de substances interdites. Les perquisitions de lundi et son interrogatoire le prouvent, la justice ne va pas laisser l'affaire en l'état.

Est-ce une surprise ?

Le nom de Tom Boonen a déjà été cité dans une affaire de cocaïne cet hiver, à la suite d'un contrôle positif du cyclo crossman Tom Vanoppen qui aurait cité (il avait ensuite nié ses propos) son ancien compagnon d'entraînement comme son fournisseur. Des perquisitions avaient déjà été effectuées alors chez Boonen. Plus récemment, le coureur de Quick Step a eu deux fois maille à partir avec la justice lors de deux contrôles autoroutiers. A deux reprises, son permis de conduire a été retiré pour deux semaines à la suite de plusieurs infractions au code de la route, notamment des excès de vitesse et conduite sous influence de l'alcool.

Quel sera son avenir ?

Cette affaire laissera évidemment des traces. A court terme d'abord, puisque l'organisateur du Tour de Suisse, qui débute samedi, et où Tom Boonen devait poursuivre sa préparation en vue du Tour, a refusé hier la présence du Campinois. Quelle sera l'attitude des patrons du Tour de France, enclins à refuser la présence à leurs épreuves de tout coureur mouillé dans une affaire de dopage ? Par ailleurs, le double vainqueur du Tour des Flandres arrive en fin de contrat avec l'équipe Quick Step dont l'avenir n'est pas encore assuré. Le manager de Boonen avait engagé ces derniers temps des négociations avec d'autres formations. L'équipe Bouygues a d'ores et déjà décidé de mettre fin aux discussions.