Cyclisme

L’Italien Gilberto Simoni s’est habillé de rose au sommet du Pordoi à l’issue de la treizième étape du Giro dans les Dolomites qui a rejeté à l’arrière Marco Pantani et Stefano Garzelli.

A 2239 mètres d’altitude, le verdict de la haute montagne a sonné comme une condamnation pour les deux Italiens, tous deux déjà vainqueurs du Giro. Pantani, déjà à la peine dans la Marmolada, la troisième des quatre ascensions du jour, a perdu plus de six minutes. Garzelli, diminué par une bronchite, a cédé près d’un quart d’heure.

Sur la ligne, Simoni s’est effacé derrière le jeune Mexicain Julio Perez Cuapio (23 ans), qui l’a relayé dans la montée finale du Pordoi. Le grimpeur du Trentin, qui est déjà monté deux fois sur le podium final (3e en 1999 et 2000), a atteint son but en prenant les commandes de l’épreuve malgré la résistance farouche de son compatriote Dario Frigo.

Sur les pentes les plus rudes du Passo Fedaia, plus connu sous le nom de Marmolada, Frigo a résisté aux accélérations de Simoni qui a repris tous les coureurs partis en avant-garde. Au sommet (2057 m), situé à 25 kilomètres de l’arrivée, les deux hommes ont basculé en compagnie de Perez Cuapio, de l’Espagnol Unai Osa et du Colombien Carlos Contreras Dans la descente vers Canazei, l’Italien Wladimir Belli et le Colombien Hernan Buenahora se sont joints au groupe de tête et un groupe de poursuite mené par l’Espagnol Abraham Olano et l’Italien Danilo Di Luca, s’est rapproché à une vingtaine de secondes. Pantani, lui aussi, a repris du temps pour réduire l’écart à moins d’une minute et demie. Mais les 12 kilomètres du Pordoi, escaladé pour la deuxième fois de la journée, ont provoqué de gros dégâts.

LA LEGENDE DES "LATINOS"
La légende des «latinos» L’acte final s’est joué devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs venus sur la montagne de Fausto Coppi (cinq fois, l’ancien campionissimo a franchi le Pordoi en tête dans le Giro). Simoni a multiplié les accélérations et Frigo a fini par fléchir, à défaut de céder, à 7500 mètres du sommet.

Son coup de pédale est devenu plus lourd, son visage s’est marqué de la fatigue d’une épuisante étape entamée sept heures plus tôt au départ de Montebelluna (225 km). Mais Frigo, qui n’a trouvé aucune aide de la part de ses compagnons, a tenu un rythme soutenu. Il a même trouvé les ressources pour sprinter dans les derniers lacets et limiter la perte de temps à 45 secondes.

A l’avant, Simoni s’est appuyé sur Perez Cuapio, la révélation de ce Giro, qui a enfin obtenu le succès qui lui avait échappé à deux reprises. Par la faute d’une chaîne cassée, dans l’ascension vers Montevergine (4e étape), par inexpérience tactique à Reggio Emilia (8e étape).

Perez Cuapio, quasi-inconnu en début de saison, est devenu le premier coureur de son pays vainqueur d’étape dans le Giro. A 23 ans, ce Mexicain au visage d’Indien et au sourire édenté depuis qu’il a eu deux incisives cassées dans une chute pendant ce Giro a ajouté un chapitre à la légende des coureurs latino-américains.

Originaire d’une famille nombreuse (7 enfants) et pauvre à Tlaxcala (2600 m d’altitude), Perez Cuapio a reçu l’aide de l’ancien «pro» Miguel Arroyo pour rejoindre l’Italie voici quatre ans. Il est devenu professionnel l’an passé dans l’équipe Panaria, au salaire minimum. Mais sa valeur marchande a augmenté considérablement ces derniers jours.

Samedi, la 14e étape, plus courte (163 km), présente l’ascension de deux cols de première catégorie. Le Monte Bondone (1650 m - Km 82) précède le redoutable Santa Barbara (1165 m - Km 147), une montée de 13 kilomètres aux passages très pentus avant la plongée vers Arco. Autant d’éléments favorables a priori à Simoni. (AFP)