Cyclisme

Le coureur de la Groupama-FDJ s'est imposé au terme des 241 kilomètres de course, reliant Bergame à Côme pour la 112e édition de la "classique des feuilles mortes".

Après une troisième place sur la même course en 2015 et fort de son succès sur Milan-Turin mercredi, Thibaut Pinot était aujourd’hui encore le plus costaud. Il a éliminé un à un ses adversaires d’un groupe de quatre composé d’Egan Bernal, Primoz Roglic et le tenant du titre Vincenzo Nibali.

Une échappée de huit coureurs s'est rapidement dessinée dans la première partie de course. Elle était composée des Italiens Davide Ballerini (Androni), Umbero Orsini (Bardiani), Alessandro Tonelli (Bardiani) et Marco Marcato (UAE), des Français Florian Sénéchal (Quick-Step Floors) et Franck Bonnamour (Fortuneo), du Colombien Jnatan Restrepo (Katusha) et de l'Australien Michael Storer (Sunweb).

Ce groupe a commencé à s'égrainer à une septantaine de kilomètres de l'arrivée sur les pentes de la Madonna del Ghisallo. Sous l'impulsion de l'équipe LottoNL-Jumbo, le peloton s'est rapproché puis a repris les échappés aux pieds du Muro di Sormano. Un forcing lancé pour préparer l'attaque du leader de l'équipe néerlandaise: Primoz Roglic. Parti à 49 km de l'arrivée, le Slovène a d'abord creusé un écart d'une quinzaine de secondes avant de voir Vincenzo Nibali et Thibaut Pinot réagir un kilomètre plus loin et filer à toute allure pour basculer en tête. Tenace, Roglic a serré les dents et est revenu dans les premiers tournants de la descente. Plus loin, Egan Bernal était le seul capable à combler son retard dans la descente pour rattraper les hommes de tête à 32 km du terme.

Le quatuor se dirigea alors vers le Col du Civiglio alors que derrière un groupe d'une quinzaine de coureur peinait à trouver une solution pour collaborer. Tim Wellens, Dylan Teuns ainsi que deux des favoris le champion du monde Alejandro Valverde et le Colombien Rigoberto Uran, étaient donc piégés.

Dès les premières rampes du Civiglio, Roglic et Bernal lâchaient prise pour laisser place au duel Pinot-Nibali. Contrairement à 2015 et 2017, c'était cette fois-ci le Français qui prenait le dessus sur l'Italien en s'envolant à 14 km du but. Le Français a ensuite résisté à la chasse menée par Nibali et un groupe emmené par Dan Martin, avant de savourer sa victoire dans les derniers hectomètres.

Après avoir été rejoint par le groupe de poursuivants, l'Italien a pour sa part réussi à repartir tout seul à moins de 2 kilomètres de l'arrivée pour aller chercher la 2e place à 32 secondes du vainqueur du jour.

A 43 secondes de Pinot, Dylan Teuns (BMC) a réglé le sprint du groupe de chasse, composé de six hommes, pour prendre la troisième place du dernier "Monument" inscrit au calendrier WorldTour. Il est le premier Belge à monter sur le podium depuis le doublé de Philippe Gilbert en 2009 et 2010. Le Colombien Rigoberto Uran et Tim Wellens complètent le Top 5.

"C'est ma plus belle [victoire] et de loin. En plus, gagner devant Vincenzo [Nibali], c'est comme un rêve. Je suis dans la forme de ma carrière" s'est réjoui le coureur de 28 ans une fois la ligne franchie. "La clé c'était d'attaquer. Quand j'ai vu Vincenzo attaquer, je me suis dit 'bingo, c'est le bon coup'. Après on a roulé à quatre [avec Bernal, Nibali et Roglic] et je les ai lâchés à la pédale" a ajouté celui qui compte désormais 26 victoires chez les professionnels (dont cinq en 2018).

C’est la première fois depuis Laurent Jalabert en 1997 qu’un Français s’impose dans la dernière grande classique de l’année. Avec cette victoire, la France revient à hauteur de la Belgique au nombre de victoires (12). L’Italie reste loin devant avec ses 69 succès.

Individuellement, le recordman de victoires dans la "classique des feuilles mortes" reste Fausto Coppi, victorieux à cinq reprises de l'épreuve entre 1946 et 1954.