Cyclisme Dixième en 2015, Tim Wellens est plus ambitieux encore cette année.

Alberto Contador est, comme Richie Porte, le vainqueur sortant, candidat à une troisième victoire dans Paris-Nice. La 74e édition de la Course au Soleil démarre ce dimanche de Conflans-Sainte-Honorine, dans la banlieue nord-ouest de Paris par un contre-la-montre plat et court (6km100) qui ne devrait pas avoir une incidence majeure sur le classement final.

L’épreuve montera ensuite en puissance au fur et à mesure que le peloton se rapprochera de Nice avec un premier rendez-vous mercredi au Mont Brouilly (3km à 7,7 %) que les coureurs devront escalader à deux reprises, parmi les cinq difficultés recensées ce jour-là dans les monts du Beaujolais. Si le Ventoux sera gravi en partie vendredi, jusqu’au Chalet Renard (9,5 km à 9,3 %, à l’altitude de 1435 m), le (demi) Géant de Provence est situé trop loin de l’arrivée pour provoquer une décision.

Il n’en sera pas de même samedi, pour ce qui doit être l’étape reine de cette édition entre Nice et la montée finale vers La Madone d’Utelle (15,3 km à 5,7 %). Enfin, dimanche, l’arrivée sur la Promenade des Anglais sera précédée de six ascensions dont celle du col d’Eze, à quinze kilomètres de l’arrivée.

Parmi nos compatriotes qui espèrent briller sur ce Paris-Nice, on retrouve Tim Wellens, dixième l’an dernier.

"Paris-Nice, c’est une course que j’aime, c’est un nom qui chante à mes oreilles", nous a-t-il dit ce vendredi avant de prendre la route pour Paris. "C’est une course qui a une histoire. Pour moi, elle a plus de charme que Tirreno par exemple."

On ne sera pas surpris qu’il soit donc très ambitieux.

"Je suis très motivé, c’est mon premier objectif de la saison", reconnaît le coureur de Brustem. "Je suis en bonne condition. À Majorque et à la Ruta del Sol, j’étais bien, j’avais de bonnes jambes et donc je pars pour faire mieux que l’an dernier. C’est difficile de prédire ce qui va se passer, car chaque jour peut se révéler dangereux. Lundi, par exemple, il y a trois secteurs en pierre (NdlR : dans la finale de l’étape). Il devrait faire mauvais. Il suffit d’une crevaison et tout peut être fini. Ensuite, les premiers jours, il va y avoir du vent. On peut perdre la course sur un coup de dé. À Paris-Nice, si vous perdez une ou deux minutes, ça peut faire cinq ou dix places de moins au général. Au Tour ou dans un grand tour, avec la montagne, avec trois semaines de course, vous pouvez reprendre ce temps."

Le coureur de l’équipe Lotto-Soudal, qui disputera la Course au Soleil sous l’appellation Lotto Fix All (du nom d’une marque de Soudal) et changera de maillot pour la circonstance (bleu-gris au lieu de rouge-blanc), a bien étudié le parcours.

"En plus du prologue, qui est court, donc les écarts ne seront pas terribles", analyse Wellens, "je pense que tout va se jouer lors de la 3e étape et les deux derniers jours. Je suis allé reconnaître, il y a une dizaine de jours, ces deux dernières étapes. Ça m’a permis de rouler six et sept heures sur ces routes difficiles derrière Nice. Le col de la Madonne est dur. C’est une montée longue, mais heureusement pas trop raide, donc, je pense que je peux passer. Si c’est le cas, je pourrai sans doute faire mieux que l’an dernier."


Tim Wellens vient d’obtenir son diplôme

Sur Paris-Nice, Tim Wellens partagera le leadership de sa formation avec Tony Gallopin.

"On s’entend bien, il n’y a pas de souci", affirme le Belge, vainqueur l’an passé de l’Eneco Tour, pour la deuxième fois, mais aussi du GP de Montréal, deux épreuves du WorldTour. "On aura aussi à travailler pour André (Greipel) pour qu’il y ait un ou plusieurs sprints."

Cette saison, le Limbourgeois retournera au Giro, de préférence au Tour où sa première expérience, l’an dernier, ne fut pas une réussite.

"Ça ne change pas grand-chose quant à mon programme sauf que je ne ferai pas de stage en altitude avant les classiques", dit-il. "Cela ne m’avait vraiment pas plu l’an passé. Pour le reste, je ne cherche pas à arriver en forme un peu plus tard. Je ne suis pas quelqu’un qui joue avec sa forme. D’ailleurs, je veux être toute la saison à un excellent niveau."

Après Paris-Nice, Wellens roulera Milan-Sanremo, le Tour du Pays Basque, puis les classiques ardennaises avant le Giro. Il y a cinq semaines, il a déjà remporté un premier succès cette année, mais pas sur le vélo.

"J’ai défendu ma thèse sur l’approvisionnement en énergie dans la nouvelle soufflerie de Bike Valley et j’ai réussi", dit-il. "J’ai maintenant mon diplôme de bachelier en Technologie énergétique de l’UC Leuven Limbourg. Je suis content d’en avoir fini avec mes études…"