Cyclisme

ENVOYÉ SPÉCIAL À DOHA

Au départ de sa première course de la saison, il n'était pas anxieux, juste un rien nerveux parce qu'un début de campagne avec le maillot de champion du monde sur les épaules, c'est toujours un peu spécial.

Et si, ces dernières années on a souvent parlé de malédiction autour de ce maillot irisé qui fait pourtant tellement d'envieux, on peut dire que, dès son premier sprint, Boonen a cassé ce vilain mythe. Il doit être béni des dieux, ce Boonen à qui, décidément, tout réussi.

Le scénario de la course fut d'une simplicité enfantine: trois échappés (Stubbe, Boucher et Rooijakkers) pendant 10 des 12 tours au programme et puis une belle envolée finale, un sprint massif, sorte de mano a mano entre le vainqueur de l'an dernier de ce Grand Prix de Doha, Robert Hunter, et celui qui allait l'emporter cette fois, Tom Boonen. Erik Zabel, bien présent aux avant-postes lui aussi, avait toutefois regardé les événements d'un peu plus loin.

«Ce ne fut pourtant pas une course facile, disait le lauréat du jour. Il y avait beaucoup de vent et les échappés avaient malgré tout pris plus de 6 minutes d'avance à 50 km de l'arrivée. A ce moment-là, toute notre équipe s'est mise à travailler. Moi-même, j'ai pris quelques relais. Et très vite, on a repris une minute en un tour (9 km). Je savais alors qu'on rejoindrait les fuyards sans trop de problèmes. D'autant que nous avons ensuite reçu l'aide des Milram de Zabel et des CSC de O'Grady.»

«L'équipe est au point»

Pour le coureur de Balen, il ne restait plus qu'à parachever le travail. Ce fut même plus simple qu'escompté si l'on en juge par la décontraction qu'il afficha bien avant de franchir la ligne. «La totalité de l'équipe s'est mise en ligne dans les derniers kilomètres», racontait encore Boonen avec un énorme sourire sur les lèvres. «J'ai trouvé que tout le monde était déjà très au point. Knaven, notamment. A 600 mètres du but, Tosatto a pris le relais, puis ce fut au tour de De Jongh, je savais alors déjà que c'était dans la poche.»

De Jongh en dernier relais du «train bleu», en remplacement de Zanini, on croyait déjà pouvoir tirer un enseignement précieux de ce premier jour de compétition au Qatar, mais le champion du monde démentait assez rapidement. «Ce ne sera pas forcément lui qui sera chaque fois le dernier maillon de la chaîne, assénait-il sérieusement. En réalité, plusieurs coureurs sont désormais interchangeables à ce poste. Et c'est ce qui fera indéniablement l'une de nos grandes forces cette année.»

© Les Sports 2006