Cyclisme

Après son sprint quelque peu chanceux, vendredi, à Harelbeke, face à un Freire qui s’était fourvoyé dans la dernière ligne droite, il n’a cette fois plus été question, sur la très longue chaussée Vanackere de Wevelgem, d’une quelconque hésitation de la part de ses adversaires. Des adversaires dont quelques-uns sont, de réputation, un poil plus rapides que lui.

"Mais j’ai toujours dit que lorsque je suis en condition, je ne crains personne au sprint", s’exclamait à l’arrivée un Boonen évidemment radieux.

En battant dans l’ordre Sagan, l’étoile montante, Breschel, le revenant, Freire, le routinier des sprints ou Boasson-Hagen, l’homme qui sait tout faire, n’est pas un exploit actuellement à la portée de tous dans le peloton des classiques flamandes ! Face au vent, l’ancien champion du monde a réalisé un véritable numéro alliant intelligence et puissance.

"Dans un premier temps, enchaînait le leader des Omega Pharma - Quick Step, je m’étais retrouvé un peu trop vite en tête de meute, et j’ai donc décidé de me laisser redescendre vers la 4-5e position afin de m’épargner un peu et, surtout, de pouvoir venir de la deuxième ligne plutôt que de prendre le risque d’emmener tout le monde dans mon sillage, ce qu’adore un gars comme Freire par exemple.

Mais quand le sprint s’est ouvert sur toute la largeur de la route, je n’ai plus hésité. Là, on était à armes égales, toujours le vent dans le nez. Sagan est resté longtemps à ma hauteur puis il a lâché, petit à petit, c’était gagné !

Je trouve d’ailleurs que ce jeune Sagan est très fort. Il lui faudrait un pilote dans la course, un coureur plus âgé qui puisse lui permettre à la fois d’économiser son énergie et d’apprendre à connaître les routes si spécifiques des courses flamandes.

Je suis sûr, en tout cas, qu’on entendra souvent parler de lui durant les 10 années qui viennent."

En attendant, Boonen tient deux victoires importantes, deux victoires qui ne pouvaient mieux tomber alors que le Tour des Flandres se profile à l’horizon.

"Pourtant, je n’étais spécialement concentré sur un succès, à Wevelgem", explique l’Anversois.

"Au briefing, j’avais dit à mes gars que la chose la plus importante était de ne pas chuter. Cependant, à mesure que la course évoluait, j’ai senti qu’il y avait un coup à jouer. Le peloton de tête s’était fortement réduit et nous, les Omega Pharma, nous étions encore nombreux dans ce groupe."

Entre sa victoire ici l’an dernier et celle de cette année, le Campinois estime qu’il y a une grande différence. "En 2011, je ne l’avais pas sentie venir, dit-il. Mais je concède qu’elle m’avait fait beaucoup de bien moralement après les problèmes physiques que j’avais connus jusque-là.

Cette fois, ce succès est plutôt une confirmation de ce que je savais déjà : je suis là et bien là pour les courses qui m’intéressent. Et ça, c’est extrêmement important. Ce qui est amusant aussi, finalement, est que Gand-Wevelgem est la course qui convient le moins dans la série. Pourtant, voilà trois fois que je la remporte."

A même la ligne, Breshel (3e), nous disait avoir été impressionné par la forme de Boonen. "Il a de nouveau fait très fort, confiait-il. "J’ai l’impression qu’il risque d’avoir tout le monde sur son porte-bagages au Tour des Flandres." Ce à quoi, Wilfried Peeters répondait : "Tom a l’habitude. On ne fait jamais de cadeau à Tom Boonen !"

La sentence devrait d’ailleurs se répéter dès le week-end prochain.