Cyclisme

A la veille de l'étape reine, Londerzeel-Huy (204 km mais surtout six difficultés recensées, dont le Mur de Huy), les coureurs du Tour de Belgique ont eu à subir hier, tout au long des 15,900 km du chrono (à Buggenhout) du matin mais aussi lors de la demi-étape en ligne de l'après-midi, des conditions météorologiques détestables qui vont laisser des traces.

Quand, dans la finale vers Londerzeel, après que les trois audacieux du jour, Metluschenko, Van Impe et D'Hollander (ce dernier repris à 6 km du but), eurent été rendus à la raison, les coureurs de Quick Step portèrent une accélération impressionnante durant plusieurs kilomètres, le peloton, déjà tendu comme un élastique, vola en éclats. A peine vingt coureurs (dont tous les Quick Step, sauf Van Impe) terminèrent sur les talons, et encore avec quelques dégâts pour la plupart, de Tom Boonen, à nouveau vainqueur du sprint mais un peu malgré lui puisque l'Anversois chercha à faire gagner son équipier Steven Dejongh, le dernier à le catapulter vers le succès, avant de devoir réaccélérer car quelques adversaires (Van Heeswijk, Cooke, Eeckhout...) les menaçaient. L'Anversois a ainsi récupéré sa place de second (que lui avait enlevée Kai Reus lors du contre-la-montre) du classement général, derrière Maarten Tjallingii, lequel ne cesse d'étonner. Dans le chrono, où Devolder, Hoste et Van den Broeck, trois coureurs de Discovery piégés le premier jour, réussirent le triplé parfait, le Néerlandais, encore inconnu du grand public il y a trois jours à peine, avait fait mieux que limiter les dégâts.

Huitième de l'étape (à 36 secondes de Devolder), Tjallingii était surtout 3 éme des vingt-deux coureurs qui sont encore en lice pour la victoire finale depuis leur coup de force de la première étape ostendaise. Seuls Sébastien Rosseler (5 secondes) et son jeune compatriote Kai Reus (11 secondes) avaient fait mieux que le porteur du maillot noir de leader, lequel profitait de l'occasion pour augmenter de huit secondes son avantage sur Boonen. Il allait en perdre dix avec les bonifications attribuées «Je ne suis pas déçu de ma prestation au contre-la-montre, tentait de minimiser le champion du monde en fin de journée. «Je n'avais pas la force pour emmener mon braquet avec la souplesse suffisante. Mais je suis content de ma journée. Rien n'est perdu. Cela dit, j'ai rarement vu un exploit comme celui que Rosseler a réalisé (le Liégeois a emmené un relais exceptionnel entre 1 100 et 500 mètres de l'arrivée). A deux, on doit pouvoir piéger Tjallingii, même si je sais que ce sera difficile.»

© Les Sports 2006