Cyclisme

A un peu plus de vingt-quatre heures de l’arrivée sur la promenade des Anglais, dimanche, une quarantaine de concurrents sont mathématiquement encore en lice.

Mais bien évidemment, avec les deux très athlétiques étapes qui attendent les coureurs ce week-end autour de Nice, le classement général, tel qu’il se présente après la 5e étape remportée à Salon-de-Provence par le Kazakh Alexey Lutsenko, va subir d’importantes modifications et les vrais candidats à la victoire se comptent seulement sur les doigts des deux mains.

Sept difficultés pour se dévoiler

Sept difficultés ce samedi, dont la longue montée finale de la Madone d’Utelle (qui culmine à 1165 m au-dessus du niveau de la mer), vont obliger, enfin, a-t-on envie de dire, les prétendants à baisser leur masque. Et si la situation reste encore indécise ensuite, c’est l’étape de dimanche, avec six montées dont le col d’Eze en point d’orgue, avant la plongée vers Nice, qui désignera le successeur de Richie Porte.

Les positions étant ce qu’elles sont, il n’est même pas impossible que la victoire ou les accessits se jouent à coup de bonifications, dans les sprints intermédiaires ou aux arrivées de ces deux dernières étapes que Michael Matthews aborde avec le maillot jaune sur les épaules.

Contraint à entamer les hostilités d’emblée, après l’annulation de l’étape de mercredi, Alberto Contador a déjà mis le nez à la fenêtre ce vendredi. Il était par exemple deuxième du premier peloton au sommet de l’avant dernière difficulté, quand la course s’anima.

"C’était une journée exigeante dans laquelle nous avons dépensé beaucoup d’énergie", avouait l’Espagnol. "Le Mont Ventoux était trop loin de l’arrivée, on l’a monté au train. L’étape a été difficile jusqu’au bout, il fallait faire attention au vent, aux cassures, mais l’équipe est restée très attentive et m’a bien protégé."

El Pistolero reste confiant. Il pense toujours pouvoir remporter une troisième fois la Course au Soleil après ses victoires de 2007 et 2010.

"Je me sens très bien", disait-il hier en effectuant un décrassage avant de rejoindre Nice en voiture. "C’est ce samedi qui sera le jour le plus important. Ce sera une étape très dure, mais il va aussi falloir la rendre dure pour créer des écarts. J’ai bon espoir, je vais tenter quelque chose si j’ai les jambes."

On le sait, Contador est peut-être engagé dans sa dernière saison, laquelle sera entièrement focalisée sur le Tour de France.

"Après Paris-Nice, Alberto va courir le Tour de Catalogne, celui du Pays Basque", explique Jacinto Vidarte, son porte-parole et confident. "Il va ensuite effectuer un stage au volcan Teide, à Ténérife et il disputera le Dauphiné comme ultime grand test avant le Tour. Des reconnaissances d’étapes sont aussi prévues. Mais, cette année, Alberto ne courra pas de classiques. Après le Tour, il veut être bien aux Jeux olympiques de Rio et décidera ensuite s’il dispute la Vuelta." Eric de Falleur