Un Mondial à 220.000 euros

L'organisation d'un Mondial aux Etats-Unis coûte cher à la Fédération belge.

Q.F.
20150918 - RICHMOND, UNITED STATES: Belgian Philippe Gilbert of BMC Racing Team and Kevin De Weert pictured during a training session before the UCI Road World Cycling championships in Richmond, Virginia, The United States, Friday 18 September 2015. BELGA PHOTO DIRK WAEM
20150918 - RICHMOND, UNITED STATES: Belgian Philippe Gilbert of BMC Racing Team and Kevin De Weert pictured during a training session before the UCI Road World Cycling championships in Richmond, Virginia, The United States, Friday 18 September 2015. BELGA PHOTO DIRK WAEM ©BELGA

Si, depuis 2010 et le Mondial australien de Geelong, le rendez-vous arc-en-ciel avait toujours trouvé comme théâtre une scène européenne, la volonté de mondialisation de l'Union cycliste internationale (UCI) a poussé la fédération internationale à opter cette année pour les Etats-Unis et Richmond, avant que le peloton ne mette le cap sur le Qatar en 2016. Un choix qui a un coût considérable pour la Fédération belge (RLVB). "Nous tablons traditionnellement sur un budget de 100 000 à 120 000€ pour un Mondial, détaille Jos Smets, le directeur de la RLVB. Cette édition américaine nous en coûtera le double !"

C'est que, là où les véhicules de la Fédération peuvent acheminer tout le matériel à travers l'Europe, celui-ci a dû être envoyé cette fois par avion aux Etats-Unis. "75 caisses, que nous avons fait réaliser par une société spécialisée, ont été expédiées dès le 12 septembre. Le reste a suivi en deux fois. Nous avons, au total, acheminé une centaine de caisses pour un poids de 2,3 tonnes."

Un partenariat avec Brussels Airlines a heureusement permis d'envoyer les vélos, rouleaux, outils, tables de massage et bien d'autres choses encore entièrement gratuitement. Une économie de près de 20 000€.

"Le transport aérien constitue tout de même une part importante de la facture totale, poursuit Smets. Nous avons commandé près de 65 billets d'avion pour un coût total de 50 000€. Il faut en effet compter 800 € pour un aller-retour Bruxelles-Washingtion. Pour les pros qui venaient de Montréal dans la foulée des deux manches canadiennes du WorldTour, nous avons trouvé un accord avec les équipes de marque : elles payaient le transport jusqu'à Richmond, nous le retour en Europe. Comme en 2010, nous nous sommes contentés de la classe économique pour tout le monde. Si certains athlètes souhaitaient disposer d'un meilleur confort pour ce vol de huit heures depuis Bruxelles, ils avaient la liberté d'opter pour un ticket en business, mais ils devaient alors assumer le surcoût (NdlR : ce qu'a fait par exemple Iljo Keisse)."

Breaks, bus et scooters

Pour éviter de faire grimper la note, les athlètes sont également invités à rejoindre l'Europe au lendemain de leur épreuve. "Cela nous permet de maîtriser la facture d'hôtel. En plus du matériel amené de Belgique, il nous a fallu louer des véhicules : un camion pour emmener nos caisses de l'aéroport de Washington à l'hôtel, quatre breaks pour les différents sélectionneurs puisque l'UCI ne met à notre disposition qu'une seule et unique voiture, ainsi qu'un petit bus pour le transport des athlètes. Il nous a aussi fallu trouver un scooter derrière lequel les coureurs ont besoin de s'entraîner à l'approche d'une échéance. Bref, tout cela pèse lourd dans notre budget annuel de 2 700 000€ !"

Mais comme gouverner c'est prévoir, la RLVB anticipe. "Lorsque nous prenons connaissance de la tenue d'un futur Mondial hors du continent, nous effectuons des provisions dans le budget. On épargne (rires) ! Je ne souhaite en effet pas qu'un tel événement prive par exemple nos jeunes pistiers d'une manche de Coupe du monde. Ce choix irait à contre-courant de notre philosophie…"

George Hincapie, hôte de luxe de Greg Van Avermaet

Arrivé lundi au Wyndham Virginia Crossings Hotel de la Fédération belge, Greg Van Avermaet s'est mis à l'heure américaine depuis huit jours déjà. Dans la foulée de sa participation au GP de Québec et de Montréal, le Waeslandien a en effet mis le cap sur Greenville, où son ancien équipier George Hincapie l'a accueilli durant toute la semaine dernière. "Greg m'a contacté deux ou trois semaines avant son départ pour le Canada car il cherchait un hôtel dans la région pour s'entraîner entre les épreuves canadiennes du World Tour et le Mondial", nous explique le New-Yorkais. "Je lui ai alors immédiatement proposé de venir chez moi et de mettre en place personnellement toutes les facilités nécessaires à l'entraînement d'un coureur pro. Je n'aime pas trop piloter un scooter avec un athlète collé à la roue arrière, mais je lui ai trouvé quelqu'un. Nous avons évolué durant deux saisons sous le même maillot (NdlR : celui de la BMC) et somme toujours restés en contact. Votre compatriote est vraiment un super gars !"

"J'espère que Greg sera champion du monde"

En Caroline du Sud, au sud-ouest de Richmond (Greenville est à 45 minutes de vol), Van Avermaet a découvert la beauté sauvage de la côte Est. "C'est la meilleure région des Etats-Unis pour s'entraîner", poursuit celui qui fut aussi le plus fidèle lieutenant de Lance Armstrong. "Cadel Evans est d'ailleurs lui aussi déjà venu s'entraîner chez moi. Il y a très peu de circulation et le relief est plus escarpé qu'en Virginie où se tiennent les Mondiaux. Après le GP de Montréal, Greg a d'abord effectué deux jours de récupération durant lesquels j'ai pu l'accompagner. Samedi dernier, il a réalisé une sortie de six heures durant lesquelles il a parcouru plus de 200 bornes et avalé 3 500 mètres de dénivelé.

Une préparation pour le rendez-vous arc-en-ciel que George Hincapie espère fructueuse. "J'ai beaucoup d'amis au sein de l'équipe américaine, mais j'espère sincèrement que Greg sera champion du monde dimanche ! Je pense que sa victoire d'étape sur le Tour lui a servi de déclic. J'ai toujours su qu'il avait d'énormes capacités auxquelles est désormais venue se greffer la confiance. S'il décroche la médaille d'or, il pourra revenir se préparer à la maison pour chacun des prochains Mondiaux auxquels il participera."

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