Cyclisme Préférant attaquer que subir, Greg Van Avermaet a conservé le maillot jaune. Pour seulement un jour, dit-il.

"Bravo, Monsieur Van Avermaet, pour ce que vous avez fait aujourd’hui."

Au micro de France Télévisions , Laurent Jalabert s’est fait le porte-parole du monde du cyclisme pour commenter la prestation de Greg Van Avermaet, sur les routes de la 10e étape du Tour, la première journée de haute montagne.

Comme il y a deux ans, le Belge a fait sien l’adage qui veut que la meilleure défense soit l’attaque. Un acte gratuit que peu de coureurs auraient tenté, mais qui lui a permis de prolonger de vingt-quatre heures son règne en jaune.

"Je savais d’expérience que je me sens toujours bien après une journée de repos et c’était le cas, expliqua le champion olympique. J’avais bien récupéré des efforts de la première partie du Tour, j’avais de très bonnes jambes. Comme il y a deux ans, j’étais dans un très bon jour. Mais il fallait encore sortir. Il faut lire la course, choisir le bon moment. Cela s’est fait à l’instinct. J’ai été le dernier du peloton à sauter dans l’échappée. C’était un groupe important (NdlR : 21 hommes), je savais que nous pouvions aller loin. Mais il fallait voir comment l’équipe Sky allait réagir."

La formation britannique aurait pu en effet placer Geraint Thomas en tête du classement général, mais elle a laissé filer l’échappée dans laquelle, à part Van Avermaet et Philippe Gilbert, personne n’était bien classé au départ.

"Ils n’ont pas bougé et l’écart a grandi, raconta encore le coureur de BMC. Quand nous avons eu sept minutes d’avance, je me suis dit que c’était bon, que je pourrais sans doute aller au bout. Dans la première grande difficulté, la côte des Glières, j’avais de très bonnes jambes; j’ai senti que j’avais beaucoup de puissance. Mais j’avais aussi plus de poids que tous les gars qui sont restés avec moi dans la finale, tous ces grimpeurs plus légers. À la fin, j’ai dû en laisser partir. Chapeau cependant à Alaphilippe qui était le plus fort; il mérite vraiment sa victoire. Pour moi, finir 4e dans ce genre d’étape, ce n’est pas mal."

La prestation du Belge a d’ailleurs été récompensée par le prix de la combativité.

"Je suis content de l’avoir reçu, ça donne un peu de prestige à mon étape, disait encore notre compatriote. J’avais déjà attaqué en jaune à Roubaix et cette fois encore, c’est bon pour l’histoire. Après, c’est bien que je garde ce maillot un jour de plus, c’est toujours quelque chose de spécial."

Pourtant, cette fois, l’ancien vainqueur de Paris-Roubaix est persuadé que l’aventure va toucher à sa fin.

"Demain (ce mercredi), c’est fini, répéta-t-il. J’étais dans un bon jour, qui m’a permis d’aller au-delà de mes limites, mais souvent, je paye le contrecoup le lendemain. Ça va être super dur, une étape courte de 108 km, nerveuse, avec trois grandes montées. Je suis sûr que mes chances de garder le maillot sont nulles. J’ai peur d’y être mais, avant, je savoure. Un jour de plus en jaune, ça vaut le coup. C’est différent comme sensation de porter ce maillot ou de gagner une étape. J’étais au Tour pour m’imposer, donc, quand je passe tout près comme à Roubaix, je suis très déçu, mais, ensuite, le maillot me console. Parfois, cela me semble aussi grand que de gagner une étape. Je peux être fier de mes onze maillots. Peu de Belges ont réussi cela, je pense."

La réussite et la bonne forme du Flandrien ne le surprennent pas. "Non, termina-t-il. J’ai eu la même préparation que d’habitude, avec de bonnes intensités. J’ai tenu à prendre du plaisir à l’entraînement, c’est le plus important. Je ne peux pas rester toute la journée concentré sur le cyclisme. Je suis allé par exemple nager plusieurs fois dans un lac en Ardennes avec ma famille. Je le fais souvent, j’ai la même préparation depuis des années et cela ne me réussit pas trop mal (NdlR : Van Avermaet avait envisagé un moment d’aller en stage en altitude, avant de changer d’avis). Je suis content de mes jambes depuis le départ…"