Van Petegem va défendre son maillot

Philippe Van Holle Publié le - Mis à jour le

Cyclisme

Comme c'est toujours le cas dans les grandes occasions, les dirigeants de la firme Domo avaient invité les journalistes au siège central d'Audenarde afin qu'ils puissent avoir, avec Peter Van Petegem, une conversation à bâtons rompus et revenir ainsi sur les tenants et les aboutissants du succès obtenu la veille par le coureur.

Inutile de préciser que la nuit avait été courte pour le résident de Horebeke. «Non pas que j'aie trop fait la fête, précisait d'emblée Van Petegem, mais mes obligations promotionnelles m'ont pris beaucoup de temps (NdlR: il était invité à la télévision flamande dimanche soir). Ensuite, je suis allé boire un verre avec mes supporters mais je n'ai pas fait d'excès. A 2h du mat, j'étais dans mon lit. Cinq heures plus tard, je me levais pour prendre mon petit déjeuner et à 9h précises, je sortais pour un décrassage à vélo d'une centaine de kilomètres.» Le cyclisme, de fait, est un sport tellement exigeant qu'il ne permet guère trop d'écarts de conduite, Van Petegem en est bien conscient.

Pavés en point de mire

«Conscient aussi que ce mois est celui de la vérité pour un coureur spécialisé comme je le suis dans les classiques de printemps», explique le natif de Brakel. «Je sens que la grande forme arrive et j'entends bien en profiter, notamment à Paris-Roubaix, dimanche prochain, puisque, ce mercredi, j'ai décidé de ne pas participer à Gand-Wevelgem. J'ai déjà terminé à la deuxième place dans l' Enfer du Nord. C'était en 2000. Depuis, je n'ai plus trop été servi par la chance. L'an dernier, par exemple, notre formation avait été mal équipée au niveau des pneus, de vraies savonnettes sur les pavés. Cette fois, ce sera différent.»

Car l'ambition du vainqueur du Ronde est de défendre bec et ongles son maillot de leader de la Coupe du monde. A ce titre, les changements apportés au calendrier par l'UCI pourraient servir ses desseins. «Une bonne course dimanche prochain devrait me permettre d'accentuer mon avantage sur mes principaux rivaux. Ensuite, il est vrai que la programmation de l'Amstel Gold Race (20 avril) avant Liège-Bastogne-Liège (le 27) est, sur le papier, plutôt à mon avantage. En Hollande, je peux encore revendiquer la victoire et, comme la Doyenne constituera l'ultime classique du printemps, cela me poussera peut-être à aller un peu plus loin encore dans la souffrance le jour de cette course. Je suis capable de m'y distinguer. Après tout, je m'étais classé 7e l'an dernier. Cela dit, la côte de Saint-Nicolas est trop dure pour moi. Elle me semble parfaite, en revanche, pour Frank Vandenbroucke, cette année comme il y a 4 ans!» Un beau compliment à l'adresse du coureur hennuyer...

© Les Sports 2003

Philippe Van Holle