Cyclisme

L'objectif de l'équipe Lotto lors de ce Giro était de remporter une étape. On n'a pas encore disputé la première étape que... celui-ci est déjà atteint ! Effectivement, Rik Verbrugghe a gagné le prologue, battant plusieurs records et est le premier Belge vêtu de rose depuis 23 ans.

Verbrugghe a parcouru les 7,6 km du prologue en 7'44". Parti assez longtemps avant les autres favoris, il est resté très longtemps en tête, sans jamais être délogé, même par des spécialistes comme Gontchar ou Olano, ni par le favori Jan Hruska, qui avait remporté le prologue l'an dernier. Un parcours très différent de celui de l'année passée, qui était accidenté et pavé. Rien de cette fois ce samedi : un itinéraire très plat et sans virage. Ce qui n'avantageait pas les techniciens de la course en solitaire, très habiles dans les virages.

Verbrugghe, s'il n'émarge pas à cette catégorie, n'en est pas moins un spécialiste du contre-la-montre. Spécialité dont il est d'ailleurs champion de Belgique. Un titre qu'il partage maintenant avec celui de Recordman du monde des prologues. Le parcours rapide ainsi que le vent favorable venant de la mer adriatique ont aidé Verbrugghe à établir une moyenne de 58,874 km/h. Jusqu'alors, c'était Alex Zülle qui avait était le plus rapide sur un prologu du Giro : 53,771 km/h. Quant au recors, il avait été établi par Chris Boardman au Tour de France en 55,152 km/h.

Finalement, c'est Dario Frigo, de l'équipe Fassa Bortolo, qui a réalisé le deuxième temps, à 9 secondes de Verbrugghe, devançant les Tchèques Andrle et Hruska.

La VRT, qui diffuse l'épreuve en direct de la première à la dernière étape, avait invité Verbrugghe a commenter la fin du prologue après qu'il ait franchi la ligne. Et, aussi, à commenter sa prestation. "Depuis le début de la saison, je réalise des prestations plutôt inattendues et qui me font plaisir. Mais celle-ci particulièrement me procure un grand sentiment de bonheur."

C'est que Verbrugghe a revêtu le maillot rose de leader. Une tunique qu'aucun Belge n'avait revêtue depuis 23 ans. En 1978, Johan De Muynck était resté 19 jours en tête du Tour d'Italie.

Si on ne sait pas combien de temps Verbrugghe conservera son bien, il y a de fortes chances qu'il en soit encore vêtu lundi, voire les jours suivants. Effectivement, les premières étapes à venir sont consacrées aux sprinters. Qui, avec les bonifications, voudront se rapprocher de la première place. Mais ils ont dans leur ensemble disputé un asez mauvais prologue. Le mieux classé d'entre eux est Endrio Leoni, qui compte 22 secondes de retard sur Verbrugghe. Et comme il n'y a jamais plus de 18 secondes de bonifications par étape...

Quant au vainqueur, il était cité parmi les 5 favoris du jour et ne semblait pas plus surpris que ça par sa prestation. "Cela fait longtemps que je travaille pour arriver au sommet et, de jour en jour, je me sens mieux, plus fort. Même si je sais que j'ai bénéficié d'un vent favorable plus fort que mes concurrents qui sont partis en fin de journée. Maintenant, je peux rester en rose. Deux jours, au moins, même plus, ce serait bien. Mais je ne suis quand même pas venu ici pour remporter le Tour d'Italie."