Cyclisme Envoyé spécial en france

Lentement mais sûrement, et même s'il reste encore un peu plus de trois semaines avant que les trois coups du Tour de France ne soient frappés, le samedi 7 juillet à Londres, Alexandre Vinokourov s'érige de plus en plus comme le principal favori de la Grande Boucle à venir.

Hier, dans l'étape chronométrée (40,700 km autour d'Anneyron sur un parcours difficile) du Dauphiné, le Kazakh a mis les pendules à l'heure et donné un petit coup sur la tête de ses adversaires, notamment ceux qui rêvent de le défier au Tour, Evans (4e à 39 secondes), Menchov (5e à 40) ou plus encore Leipheimer (8e à 1:11), Valverde (9e à 1:18), sans parler de Moreau (25e à 2:53), qui a payé hier ses efforts de la veille, Zubeldia (33e à 3:19), Contador (35e à 3:22), Dessel (52e à 4:03) ou Pereiro (65e à 4:38), tous candidats au "Top 10" sur les Champs-Elysées.

Le seul qui aura finalement inquiété l'efficacité de "Vino", c'est son équipier Andrey Kashechkin, battu de neuf secondes sur les routes surchauffées de la Drôme et qui pointe à deux petites secondes au classement général ce matin avant le départ en direction du Ventoux.

Cap sur le Tour

Mais ce n'est pas un problème. De son fidèle lieutenant, Vinokourov ne doit rien craindre, toute l'équipe Astana (il y a aussi Klöden, Savoldelli ou Mazzoleni) oeuvrera en juillet au service entier d'Alexandre Le Grand. D'ailleurs, dès aujourd'hui sans doute, "Kash" va toucher les premiers dividendes de son futur boulot car son aîné lui a déjà abandonné, dans une sorte de désistement, ses chances de remporter l'épreuve dimanche à Annecy.

"Ce maillot jaune ne change rien à mes ambitions", disait hier le dernier lauréat de la Vuelta. "Moi, je me prépare à 100 % depuis décembre pour gagner le Tour, pas le Dauphiné. J'ai un rêve, un objectif, revêtir le maillot jaune à l'arrivée sur les Champs-Elysées . Je suis venu pour me tester dans le chrono et dans la grande étape de montagne de samedi, dans les Alpes, pas pour faire des efforts inconsidérés pendant une semaine. Je suis déjà satisfait; ma condition est bonne; j'ai manifestement bien travaillé. Je venais pour finir dans les trois premiers. Je suis sur le bon chemin."

Et aujourd'hui, sur les vingt kilomètres qui mènent au sommet du Ventoux, où on attend des orages et une fameuse baisse des températures, sans parler du vent contraire qui devrait cadenasser la course jusqu'au pied du Géant de Provence, on doit donc s'attendre à ce que le maître se mette au service de son élève.