Cyclisme

L'ex-directeur sportif de l'équipe cycliste Festina, Bruno Roussel, et l'ancien soigneur, le Belge Willy Voet, ont été condamnés vendredi par le tribunal correctionnel de Lille (Nord) à respectivement un an et 10 mois de prison avec sursis, tandis que Richard Virenque, seul coureur poursuivi, a été relaxé.

L'affaire Festina avait éclaté en juillet 1998 quand les douaniers français avaient interpellé Willy Voet à la frontière franco-belge, alors que le soigneur était au volant d'une voiture pleine de produits dopants pour se rendre au départ du Tour de France cycliste, en Irlande.

Le tribunal a reconnu MM. Roussel et Voet coupables des diverses infractions à la loi antidopage qui leur étaient reprochées et a assorti ses condamnations pénales d'amendes de 50.000 FF (7.600 euros) pour le premier, 30.000FF (4.580 euros) pour le second.

Comme le demandait le ministère public, le tribunal n'a en revanche pas retenu contre Richard Virenque les faits de complicité d'incitation au dopage pour lesquels il avait été renvoyé.

LES PARTIES CIVILES DÉBOUTÉES

Trois autres prévenus ont été condamnés à des peines d'emprisonnement avec sursis: le Belge Jeff d'Hont, ancien soigneur de l'équipe Française des Jeux (9 mois), et les anciens cadres de Festina Joël Chabiron et Jean-Marie Dalibot (5 mois chacun).

L'Union cycliste internationale (UCI), la Fédération française de cyclisme (FFC) et la Société du Tour de France, qui s'étaient portées parties civiles, ont été déboutées de leur demande du franc symbolique de dommages et intérêts.

La pharmacienne Christine Paranier et son époux Eric, jugés pour avoir fourni notamment des corticoïdes à Willy Voet, ont été condamnés respectivement à 30.000 et 10.000 francs français d'amende.

Enfin, Nicolas Terrados, médecin de l'équipe espagnole ONCE, a écopé d'une amende de 30.000 FF.

Par ailleurs, les quatre cadres de Festina prévenus au procès - dont MM. Roussel et Voet - devront verser solidairement aux douanes la somme de 120.000 FF (18.300 euros) et M. Terrados 10.000 FF en tant que seul représentant de ONCE. Au titre du préjudice subi, cette administration réclamait 1,2 million de francs français (183.000 euros) à chacune des deux équipes, montant calculé sur la base de leurs achats présumés de dopants entre 1995 et 1998.

Le 6 novembre, le premier procureur adjoint Gérald Vinsonneau avait requis 18 mois avec sursis et 50.000 FF d'amende contre Bruno Roussel, et 14 mois avec sursis et 20.000 FF d'amende contre Willy Voet.

Il avait demandé contre les autres prévenus, sauf Virenque, des peines de 2 à 12 mois de prison avec sursis. Le 24 octobre dernier, au deuxième jour du procès, le coureur avait enfin avoué s'être dopé, mais le simple usage de produits dopants n'est pas pénalement répréhensible.

Richard Virenque s'est évidemment dit content pour lui et sa famille et attend la décision de la Fédération suisse de cyclisme le 29 décembre concernant une probable suspension sportive. C'est la fin d'une longue procédure de deux ans et demi. Je suis content pour moi et ma famille. L'autre échéance qui arrive, c'est la décision de la Fédération suisse vendredi prochain. Je crains que ce soit un autre procès. Virenque ne devrait pas échapper à une suspension de compétition pour six mois minimum.

(AFP)

© La Libre Belgique 2000