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Grand Prix de Bordeaux
Le sport sort perdant
Christian Simonart
Mis en ligne le 08/02/2010
Dixième des treize manches qualificatives de la Coupe du monde, Bordeaux est sans conteste l’une des étapes les plus prisées du prestigieux circuit indoor. Pour preuve, les meilleurs cavaliers mondiaux étaient à nouveau de la partie, ce weekend, sur les bords de la Gironde et c’est sans doute cela qui a aussi incité Frank Rothenberger à dessiner un parcours extrêmement exigeant, samedi soir, pour le Grand Prix Coupe du monde. " A Leipzig (NdlR : où il était aussi chef de piste), il y a eu seize parcours sans faute. C’était de trop", signalait le chef de piste allemand qui a tenu à rectifier le tir dans l’Hexagne. " Je reconnais que ce parcours était le plus difficile de tous ceux que j’ai montés cette année ." Trop haut, trop large, tout simplement trop gros, le parcours a donné lieu à un spectacle désolant avec de trop nombreuses fautes au sein d’un peloton pourtant roué aux difficultés.
"Lors de la reconnaissance de piste, je n’ai entendu personne dire que c’était trop gros mais dans le paddock, la tension est rapidement montée d’un cran après le passage des premiers. Je n’avais jamais vu cela", racontait le Brabançon Rik Hemeryck. "Nous n’avons pas apprécié le parcours", enchainait pour sa part la Limbourgeoise Judy Ann Melchior. "Frank Rothenberger s’est trompé ! Il y avait ici de très bons chevaux or ceux-ci ne voulaient plus se battre en fin de parcours, tellement c’était dur. Ce n’est pas normal et ce n’est certainement pas bon pour le sport."
Les catastrophes se sont en effet multipliées avec une fréquence pour le moins inhabituelle à ce niveau de compétition. Quatre cavaliers ont préféré abandonner en cours d’épreuve et sur les trente-trois restants, dix-neuf sont sortis de piste avec plus de trois fautes. Enorme ! Les fautes ont été tellement nombreuses qu’il a d’ailleurs fallu aller pêcher parmi les "huit points" pour arriver aux dix cavaliers classés. Parmi ces derniers, Rik Hemeryck, dixième avec deux fautes, était animé d’un double sentiment. "J’ai senti Quarco très à l’aise durant le parcours", soulignait le Wavrien. "Je regrette cette faute sur le mur. J’aurais pu l’éviter et sans elle, je terminais quatrième."
Devant notre compatriote, cinq couples sortaient de piste avec quatre points et deux, seulement, réalisaient le sans-faute. Juste assez pour assurer un barrage Premier à s’élancer, le jeune Allemand Philipp Weishaupt (Catoki) bouclait la finale avec une faute en 39.37 secondes. Son compatriote Marcus Ehning (Leconte), grand favori à la succession du Néerlandais Albert Zoer au palmarès de l’épreuve, pouvait assurer le correct mais une faute en milieu d’épreuve l’a contraint à accélérer le tempo. Juste à temps pour coiffer la victoire pour un centième de seconde ! "Je n’apprécie pas ce genre de barrage à deux", déclarait le vainqueur. "Je suis parti doucement pour assurer le sans-faute mais j’ai ensuite dû pousser. C’est passé de toute justesse."
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