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ANDERLECHT C'est en 1996 que Roger Vanden Stock a pris la succession de son père, Constant, à la présidence du Sporting Anderlecht. Dix ans plus tard, l'heure d'un premier bilan a sonné. "Quelle pourrait être l'ambition d'un club comme Anderlecht ? Être champion un an sur deux... Nous ne l'avons pas tout à fait été (Ndlr. Le Sporting a fêté quatre titres durant cette période). Par contre, le club s'est à chaque fois qualifié pour la Coupe d'Europe avec, notamment, six campagnes sur dix en Ligue des Champions... Au niveau de l'affluence, notre moyenne était de 19 000 spectateurs en 1996. Elle est aujourd'hui de 24 000 dans un stade qui ne peut pas accueillir plus de monde..."

Le stade, voilà un dossier qui occupe depuis plusieurs mois les journées du président anderlechtois mais qui figure toujours aujourd'hui dans une impasse. Le champion de Belgique se heurte en effet à la commune d'Anderlecht et à son bourgmestre Jacques Simonet qui ne veut pas entendre parler d'un troisième anneau sur le site actuel, au Parc Astrid. "La piste de l'agrandissement du stade ou d'une nouvelle enceinte reste évidemment d'actualité. S'il n'y a pas bientôt une évolution positive, on ne pourra bientôt plus jouer un match de Ligue des Champions en Belgique dans deux ans. Et peut-être même une rencontre de l'équipe nationale... Il est plus que temps qu'on investisse dans les infrastructures!

Alain Courtois a totalement raison lorsqu'il déclare que nous sommes derniers de classe dans ce domaine. Nous sommes dépassés par tout le monde en Europe, même pas l'Autriche et la Suisse. Nous avons raté l'Euro 2000. L'investissement dans la brique fut bien trop faible à l'époque. Les Pays-Bas ont rénové vingt stades ces dernières années et ceux qui ont servi durant le championnat d'Europe sont toujours au top. En Belgique, nous avons seulement placé des rustines... Chez nous, un troisième anneau pourrait aussi être vu de cette manière mais nous devons trouver une solution rapidement. Il nous faut un stade de 50 000 places. Ce serait inimaginable qu'une ville comme Bruxelles construise un stade qui ne puisse même pas accueillir une finale de la Coupe d'Europe."

Autre dossier qui tient particulièrement à coeur à Roger Vanden Stock depuis son entrée en fonction à la tête du Sporting Anderlecht, celui du centre de formation. "De ce côté-là, il y a une avancée extraordinaire avec l'octroi par la Région bruxelloise d'un subside de 5 millions d'euros étalé sur quatre ans. Grâce à cet argent, nous allons enfin pouvoir construire notre centre d'entraînement qui servira à la fois pour notre équipe fanion mais aussi et surtout pour les jeunes. Nous serons enfin en mesure de combler notre retard sur d'autres formations belges comme Genk ou le Standard."

La carotte devant le nez

Le stade, le centre de formation, deux dossiers qui figurent plus que jamais au centre des préoccupations du président anderlechtois et qui en ont éclipsé d'autres comme l'entrée en bourse du Sporting ou... la réforme du championnat belge. "La bourse ? Non... Il faut un projet solide. La construction d'un nouveau stade pourrait être celui-là mais une entrée en bourse n'est pas à l'ordre du jour... Une réforme du championnat ? Chaque fois que je parle de réduire le nombre de club en D1, je me fais fusiller... J'estime qu'il faut rester attentif à ce qui se passe ailleurs, aux Pays-Bas par exemple où ils ont lancé en fin de saison dernière un système de play-off. Pourquoi ne pourrions-nous pas copier quelqu'un qui possède quelque chose de positif ? Anderlecht veut prendre le risque, d'autres non malheureusement..."

Débouté au niveau fédéral, Roger Vanden Stock préfère aujourd'hui se concentrer sur l'évolution de son club... "Anderlecht a de l'ambition. Gagner la Ligue des Champions, nous pouvons oublier. Mais il en va autrement pour la Coupe de l'Uefa. Chaque année il y a une surprise. Nous pouvons aussi en profiter... Anderlecht serait aussi une surprise mais conservons cette carotte devant notre nez d'autant nous avons cette année une équipe potentiellement plus forte que jamais. Une équipe au potentiel énorme car constituée de jeunes joueurs très talentueux. Notre souci à présent est de savoir combien de temps nous allons par exemple pouvoir conserver un garçon comme Biglia..."