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ENTRETIEN

ENVOYÉ SPÉCIAL À PRAGUE

En posant les pieds sur le sol tchèque, Pär Zetterberg s'est rendu compte que le voyage à Prague pourrait, pour lui, signifier la fin d'une ère. «Cela pourrait être mon dernier match en Ligue des Champions, dit le Suédois. On a 50pc de chances de se qualifier, pas plus et pas moins. Mais Anderlecht a toujours joué ses meilleurs matches quand il était sous forte pression. Tout le monde est fort concentré. Si on atteint notre niveau, on a une bonne chance de l'emporter.»

Pär Zetterberg, comment défendre ce résultat de 2-1 qui constitue un piège?

Nous devons marquer au moins un but. Imaginez que le score soit de 0-0, mais que le Slavia marque sur corner à la 92e! Ou bien que les Praguois mettent un bête but au fond des filets, comme Drogba l'a fait dimanche dernier face à Arsenal en marquant du genou, sans vraiment le savoir. Je ne peux pas m'imaginer qu'avec nos attaquants, nous ne marquions pas. «Jestro» en a mis deux, Mbo trois, Serhat trois: ainsi ils font taire les journalistes.

Par contre, une élimination ne les ferait pas taire...

Justement, tout reviendrait à la surface. Tout le monde recommencerait à se poser des questions. Surtout à l'extérieur du club. Mais automatiquement, cela se sentirait aussi à l'intérieur. Plusieurs jeunes joueurs qui rêvent de gros transferts, seraient fort déçus. Ils ont une carrière dans la tête, mais les grands clubs ne viennent pas voir Anderlecht en championnat de Belgique. La Belgique ne fait la une en Europe que quand des clubs belges réalisent des bons résultats en Ligue des Champions.

Par contre, en cas de qualification?

On aurait la paix jusqu'au mois de décembre. Tout le monde serait concentré à 100pc sur le championnat et la Ligue des Champions, le système de rotation ne poserait des problèmes à personne, l'ambiance serait excellente. J'espère que Prague me portera à nouveau chance. Jusqu'à présent, le Sparta Prague en 1993 est mon meilleur souvenir en match de qualification.

Vous aviez battu le Sparta 0-1?

En effet, et je vois pas mal de comparaisons. Le Sparta était aussi une équipe qui jouait un football sec et dur. A domicile, on avait peiné pour les battre. Ce ne fut qu'en fin de match que Nilis parvint à faire la différence. Reste que le Slavia m'a étonné lors du match disputé chez nous. On savait que les Praguois avaient battu Lyon en match amical, mais ce fut le jour et la nuit entre le Slavia qu'on a affronté et celui qu'on a visionné en vidéo. Le contexte, cette fois, sera aussi différent. Ils seront obligés d'attaquer.

Slavia Prague (Tch): Kozacik, Kovac, Latka, Holenak, Zboncak, Suchy, Gedeon, Svento, Jarolim, Pitak, Vlcek.

Il faut s'attendre à un Slavia aussi défensif qu'à Bruxelles, en 4-5-1. Les médians Pitak, Lukas Jarolim et Hrdlicka pourraient aider le seul attaquant Vlcek en cas de besoin.

Anderlecht: Zitka, Vanden Borre, Kompany, Tihinen, Deschacht, Vanderhaeghe, Goor, Zetterberg, Wilhelmsson, Serhat, Mpenza.

Vercauteren n'a rien dévoilé. Osera-t-il entamer le match dans un 4-4-2 habituel, ou va-t-il renforcer son milieu de terrain? Rien n'a encore été décidé pour le gardien. Jestrovic ne s'est pas entraîné, Vercauteren doit décider s'il le prend sur le banc.

Arbitre: M. Eric Poulat (Fra).

Match: 20h05. Direct sur La Deux.

© Les Sports 2005