Football

Les diverses composantes de la famille du football ne parleront pas le même langage, vendredi à Bruxelles lors du sommet avec la Commission européenne, tellement il paraît peu probable qu'une solution soit trouvée pour réformer le système des transferts internationaux, estime-t-on dans les milieux du football professionnel.

Malgré les déclarations optimistes du président de la Fédération internationale (Fifa), Joseph Blatter, de profondes divergences subsistent entre les puissantes Ligues professionnelles européennes et le syndicat mondial des joueurs (FIFPro), notamment sur le délicat problème de la rupture unilatérale d'un contrat.

Les commissaires européens Mario Monti (Concurrence), Viviane Reding (Sport) et Anna Diamantopoulou (Affaires sociales), prenant en compte la spécificité du sport, ont pourtant fait des concessions mercredi lors d'une réunion impromptue avec Joseph Blatter et Lennart Johansson, président de l'Union européenne (UEFA).

JUSTE UN CONSENSUS

Un consensus a ainsi été obtenu sur cinq points. Il s'agit de la durée minimale et maximale des contrats (respectivement un an et cinq ans), l'instauration de périodes fixes de transferts, la création de mécanismes de solidarité (entre petits et grands clubs), la mise en place de procédures d'arbitrage (en cas de conflit entre club et joueur) et le principe des indemnités de formation en cas de transfert de jeunes joueurs.

Cet accord est accepté par toutes les composantes de la famille du football. Mais, l'UEFA, en principe une simple confédération dépendante de la Fifa, l'interlocuteur de la Commission, ne semble plus tenir ses «troupes» et notamment Gerhard Aigner, directeur général UEFA et Franco Carraro, président de la Federcalcio (Italie) mais aussi les «faucons» du G 14 conduits par Karl Heinz Rummenigge (Bayern Munich) et Joan Gaspart (Barcelone).

DES DISPOSITIONS «ILLÉGALES»

Ce noyau dur, au début de chaque réunion impose toujours le même préalable à toute négociation: jusqu'à 28 ans, un joueur professionnel n'a pas le droit de casser son contrat avant une période de trois ans.

Cette position radicale ne peut être acceptée ni par la Commission - car elle est en contradiction avec le traité de Rome sur la libre circulation des travailleurs et la libre concurrence - ni par le syndicat des joueurs qui réclame «le respect du droit communautaire»

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Dans un souci d'apaisement, la FIFPro serait prête, sous certaines réserves, à ne pas remettre le contrat en cause pendant les deux premières années. Pour l'instant, précise-t-on dans l'entourage de la FIFPro, «nous sommes toujours dans une situation de blocage complet».

La Commission, lassée par ce dossier qui traîne en longueur, pourrait finalement passer outre si cette nouvelle réunion de la dernière chance devait se solder encore par un échec. Une nouvelle date butoir pourrait être fixée, peut-être au 27 février.

Mais, après, si la situation reste bloquée, elle pourrait traiter uniquement avec la Fifa «si elle présente une réglementation conforme au droit». Cela serait alors à la Fifa de faire appliquer ces accords par ses diverses Confédérations, un exercice pratiquement impossible.

LE DOSSIER BALOG

En fait, la Cour européenne de justice, qui doit se prononcer sur le dossier du joueur hongrois Tibor Balog pourrait rendre un arrêt correspondant à une abolition pure et simple du système des transferts en étendant l'arrêt Bosman aux joueurs non-européens.

Le montant serait alors calculé en fonction de la durée du contrat et du salaire du joueur transféré, une solution qui ferait le bonheur des clubs les plus riches (et des meilleurs joueurs) mais instaurerait l'existence d'un football à deux vitesses.

(AFP)

© La Libre Belgique 2001