Football

PORTRAIT

Fraîchement arrivé à Lokeren, où il participe activement au beau second tour de l'équipe de Georges Leekens (cinq victoires, un nul et deux défaites depuis la fin de la trêve), Adekamni Olufade est un bel exemple d'une intégration réussie d'un joueur africain en Belgique.

De nationalité togolaise, ce percutant attaquant de 21 ans est arrivé à Lokeren via le club ivoirien de Satellite FC, à Abidjan, qui a un partenariat avec le club du Waasland. Les dirigeants lokerenois ont injecté des fonds dans ce club et peuvent faire venir des joueurs qu'ils estiment capables de rehausser le niveau de leur noyau.

C'est le cas d'Olufade, qui avait déjà tenté l'aventure européenne - il a passé des tests au Real Madrid, où il fut jugé insuffisant, et a effectué un stage de trois mois à Metz - avant de retourner en Afrique, au Satellite d'Abidjan. Mais ces expériences ratées ne l'ont pas refroidi et, lorsque Lokeren lui a demandé de venir en Belgique, il n'a pas hésité. Il savait que si cela n'avait de nouveau pas marché pour lui - mais je m'étais préparé pour cela - , il serait retourné à Abidjan. De plus, il connaissait plusieurs joueurs africains de Lokeren, rencontrés au Satellite FC, qui l'ont tuyauté sur la Belgique, le football belge,...

Bref, il ne partait pas en terrain totalement inconnu et, surtout, il savait qu'il n'avait pas affaire à l'un de ces faux managers, comme il dit lui-même, qui sont si nombreux en Afrique et qui laissent tomber les joueurs qu'ils ont fait venir en Europe, si d'aventure ils ne convenaient pas à leur club, au lieu de les aider à trouver un autre employeur. Moi, j'ai eu de la chance. Tout le monde n'en a pas.

Olufade a peut-être été approché par l'un ou l'autre manager véreux. Il ne le sait pas. Mais à chaque fois que l'on prend contact avec lui, il donne le numéro de son conseiller, en qui il a totale confiance, et qui le suit depuis le Togo.

Arrivé sans sa famille, qu'il a laissée en Afrique, son intégration à Lokeren, où il déjà inscrit six buts, a été facilitée par l'accueil que lui ont réservé certains de ses équipiers d'Abidjan, qui l'avaient précédé en Belgique, comme le Guinéen Youla ou l'Ivoirien Dindane d'Anderlecht. On se téléphone souvent. Cela m'aide beaucoup.

Le rêve d'Olufade est bien sûr de jouer dans un grand club européen, surtout en Espagne, en Italie, en Angleterre ou aux Pays-Bas, mais il ne veut pas brûler les étapes et se sent très bien à Lokeren.

Le niveau du foot belge est déjà beaucoup plus élevé qu'en Afrique. Pour apprendre, c'est l'idéal, un petit club comme Lokeren. Je me sens bien ici, et j'ai d'ailleurs signé un contrat de cinq ans.

© La Libre Belgique 2001