Football

ÉCLAIRAGE

Quand le Sporting d'Anderlecht tousse, c'est tout le football belge qui est enrhumé. Ce constat, qui revient régulièrement à l'avant-plan, se vérifie malheureusement encore pour l'instant. Depuis le début de la saison, les champions de Belgique en titre ne sont que l'ombre d'eux-mêmes. Avec dix points de retard sur les leaders gantois et neuf sur leurs rivaux brugeois, l'équipe d'Aimé Anthuenis peut tout doucement faire une croix sur un troisième titre d'affilée.

L'entraîneur limbourgeois ne se voile d'ailleurs pas la face à ce sujet. Après la nouvelle déconvenue des siens et un partage (2-2) arraché de justesse dans le derby face aux modestes molenbeekois, ses propos furent ainsi assez acerbes (voir page suivante). En cause: la politique même de son club en matière de transferts, alors que, logiquement, il a participé lui-même à la réalisation de la plupart de ceux-ci! Les résultats engrangés parfois chanceusement depuis le début de la saison (nul face à l'AS Roma, succès contre La Gantoise ou Charleroi) ont caché dans un premier temps la plupart de ces lacunes.

Mais, désormais, cet Anderlecht-là est véritablement à bout de souffle. A l'image de son milieu défensif Yves Vanderhaeghe, qui n'en finit plus de multiplier les kilomètres mais qui court actuellement dans le vide. Ou de Bertrand Crasson, qui ne rayonne plus sur son flanc droit après quasiment deux saisons complètes comme titulaire à ce poste, toutes compétitions confondues. Trop, c'est trop...

Et c'est ici que notre postulat de base se confirme. Dans la sélection communiquée par Robert Waseige, plus de trace ainsi de Crasson...mais bien de Vanderhaeghe. Ce dernier, mis en difficulté en Croatie, n'aura pas la mission périlleuse de contenir les assauts de Rosicky, le remuant médian offensif de Dortmund étant suspendu pour la rencontre de ce samedi. Mais avec une équipe du Sparta Prague qualifiée au 2e tour de la ligue des champions, les solutions de rechange ne devraient pas être mal non plus...

Enfin, Anderlecht connaît de gros problèmes offensifs, avec aucun attaquant dans les dix meilleurs buteurs de notre championnat. Particulièrement signifiant. Là aussi, la comparaison avec notre équipe nationale est assez édifiante. Vu les blessures de Marc Wilmots et Emile Mpenza, Robert Waseige a été obligé de se «rabattre» sur Peter Van Houdt (25 ans, Borussia Mönchengladbach), qui n'avait plus porté la vareuse nationale depuis le 30 mai 1999 à Kyoto et qui ne compte que deux capes, et Sven Vermant (28 ans), qui commence à peine à trouver ses marques à Schalke 04. Le problème, c'est que son choix était particulièrement limité. Dans notre championnat, seul Wesley Sonck et Michaël Goossens constituent des attaquants belges de calibre international. Le Top 10 du classement des buteurs ne recèlent d'ailleurs pas d'autres noms belges, à l'exception de l'Anversois Dirk Huysmans.Sans vouloir se montrer pessimiste, il est cependant difficile de ne pas se rappeler les propos tenus par Marc Wilmots, quelques heures après la défaite contre la Croatie. «Cela ira, mais à une seule condition, que tout le monde soit là pour les barrages». Or, le vaillant capitaine du bateau belge doit rester à quai. Mais, même malades, les Diables Rouges sont toujours capables de ne pas sombrer...

© La Libre Belgique 2001