Anderlecht, symbole du déclin belge

Julien Lepeer Publié le - Mis à jour le

Football

L e Sporting d'Anderlecht, adversaire de Bordeaux mercredi en seizièmes de finale aller de la Coupe de l'UEFA, vit une saison difficile et éprouve de plus en plus de difficultés à exister sur la scène européenne, à l'image d'un football belge en plein marasme." Cette introduction de l'agence française de presse AFP reflète assez fidèlement le sentiment qui règne dans la "France du football". Sûrs de leur fait, les spécialistes de l'Hexagone ne laissent que très peu de chance à notre dernier représentant en coupe d'Europe.

Le son de cloche est le même à la rédaction de "France Football" où Xavier Barret, journaliste, a accepté de donner son sentiment sur la rencontre de ce soir : "Anderlecht ? Non, cette équipe ne fait plus peur, à l'image du football belge qui est tombé bien bas ces dernières années. Il n'y a pas si longtemps, si un club français héritait d'Anderlecht, de Bruges ou même du Standard, la méfiance était de mise mais maintenant... Un simple constat : les Diables Rouges ne se sont plus qualifiés depuis 2002 pour une phase finale d'une grande compétition. Le principal facteur de cette régression réside surtout dans le fait que le championnat est submergé de joueurs étrangers, originaires surtout d'Afrique et des pays de l'Est. Il ne reste pas beaucoup de place pour l'émergence de bons jeunes. De plus, c'est également dangereux pour la popularité de ce sport : les gens ont besoin de s'identifier pour adhérer à un club et pour ça, il faut donc des "gars du cru", comme on dit."

Comme la plupart des observateurs d'Outre-Quiévrain, Xavier Barret ne voit pas vraiment comment les Bordelais pourraient s'incliner. Pourtant, en 2002, les Mauves avaient pris le meilleur sur les Girondins (0-2 à l'aller et 2-2 au Parc Astrid). "À l'époque, même si l'équipe possédait en ses rangs quelques grands noms comme Pauleta, Dhorasoo ou Dugarry, Bordeaux ne "tournait" pas très bien et n'était que sixième de notre championnat. Avec l'arrivée de Laurent Blanc notamment, dont on n'attendait pas forcément de résultat aussi probant si rapidement, le jeu bordelais est devenu très solide cette année. Il s'agit d'un véritable collectif. On parle beaucoup en ce moment de l'Argentin Cavenaghi mais l'ensemble du groupe a des qualités. En attaque, Bordeaux dispose de quatre excellents joueurs qui se battent pour deux postes. Un certain Micoud joue en soutien... Il y a d'ailleurs en Gironde un centre de formation à la pointe. J'en veux pour preuve le dernier match de poule en UEFA où les Bordelais sont allés s'imposer à Panionios (en Grèce) 2-3 avec une formation quasiment entièrement composée de jeunes formés par le club. Et puis, ce n'est pas pour rien si Bordeaux occupe la deuxième place en Ligue 1, sur les talons de Lyon. C'est une équipe taillée pour le titre."

Aux Anderlechtois désormais de faire vaciller les certitudes de nos voisins français et de faire honneur à la glorieuse incertitude du sport...

Julien Lepeer

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