Football

ENVOYÉ SPÉCIAL À RIMINI

Avec sa plage, ses boîtes de nuit et ses restaurants touristiques, Rimini est le Blankenberge de la côte adriatique. Mais ne vous trompez pas: les Diables ne sont pas dans le Nord de l'Italie pour passer des vacances, bien au contraire. Après avoir sauvé leur campagne face à la Bosnie, la Belgique entière attend d'eux une nouvelle victoire sensationnelle. En effet, Saint-Marin n'est que 161e au classement Fifa et n'a jamais gagné de match officiel. Ses meilleurs résultats: un nul contre la Turquie en 1993 (0-0), un nul en Lituanie en 2001 (1-1) et une victoire en match amical face au Liechtenstein (1-0) en avril de l'année passée. «Et pourtant, je me contente d'une victoire par 0-1», lança Aimé Anthuenis après le dernier entraînement dans le petit stade sympa de Serravalle, sur une pelouse correcte. «Les scores fleuves dans des matches pareils appartiennent au passé. Il ne me faut que trois points ici. Non, je n'ai pas peur d'un manque de concentration. Mais, contre des équipes pareilles, il faut pouvoir créer des occasions, et il faut avoir la chance de les mettre au fond du but.»

Aimé Anthuenis a surtout pris du temps pour travailler les phases arrêtées. «Des coups francs ou des corners peuvent nous aider à trouver la faille. Nous devons profiter de la taille de nos joueurs.» Mais comme tout entraîneur, Anthuenis a tout fait pour surestimer son adversaire. «L'Espagne a gagné 5-0 mais a connu des difficultés en première mi-temps. Et la Lituanie n'a marqué son but décisif qu'à dix minutes de la fin. A domicile, leur organisation tient le coup longtemps. Il ne faut pas se moquer de Saint-Marin. Ceci dit, nous ne jouons pas contre le Real Madrid. J'ai toujours parlé d'un 6/6, nous n'avons donc réalisé que 50pc de notre tâche.»

En théorie, toute victoire de moins de 0-5 est un mauvais résultat. Or, tout connaisseur de football sait que les circonstances ne permettront pas aux Belges de jouer un grand match. Premièrement, l'adversaire va bâtir un double mur devant son goal, comme l'a fait Andorre en février 2002 (seulement 0-1!). Deuxièmement, Saint-Marin fera appel à tous les moyens du bord pour casser le jeu belge. Troisièmement, le Stadio Olimpico n'accueillera que 500 supporters. «Les conditions sont plus difficiles que contre la Bosnie, lança Anthuenis. Il y aura peu d'espaces pour jouer, le porteur du ballon sera immédiatement attaqué. Ne vous attendez pas à une victoire si facile que samedi, sauf si on marque vite.»

Dans le passé, les Diables n'ont jamais pris plaisir à jouer à Saint-Marin. A domicile, certes, Bob Peeters et compagnie avaient balayé les nains du foot européen par 10-1 mais, à Serravalle, Nilis avait dû sauver les siens avec deux buts en 1996 (0-3) et Verheyen avait fait de même en 2001 (1-4, mais le score était de 1-1 à l'heure de jeu). «Ce ne serait donc pas la première fois qu'on aurait des difficultés ici, dit Aimé. Nous n'avons pas une bonne tradition lors des petits matches.»

Comme prévu, Anthuenis n'a pas changé son équipe. Le duo Mpenza-Pieroni, soutenu par Buffel, devra faire la différence. A l'entrejeu, Simons et Vanderhaeghe devront exercer un pressing très haut. «Ici et là, je vais mettre un autre accent », expliqua le coach, qui maintient donc Olivier Doll dans l'équipe, au détriment d'Anthony Vanden Borre, pourtant plus offensif. «Mais il ne faut pas jouer à neuf devant le ballon.»

Saint-Marin: F. Gasperoni, Valentini, Andreini, Albani, Del La Valle, Bacciocchi, Domeniconi, Vannucci, A. Gasperoni, Marani, Selva.

Belgique: Proto, Doll, Van Buyten, Kompany, Van der Heyden, Buffel, Vanderhaeghe, Simons, Daerden, Pieroni, Mpenza.

Arbitre: George Kasnaferis (Grè).

© Les Sports 2005