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"On est en train de tout détruire"

D.D.M.

Mis en ligne le 10/02/2010

Olivier Dacourt a quitté le Standard dont il dévoile la face cachée.

Après Ricardo Rocha, Olivier Dacourt a été libéré par le Standard avant le terme de son contrat. Les deux joueurs censés apporter leur expérience ont connu un cuisant échec à Sclessin et sont repartis par la petite porte. Mais le Français, lui, a décidé de la claquer avec fracas. Il ne s’en est pas tenu à la version édulcorée ("de commun accord") et s’est lâché dans "Le Soir". Olivier Dacourt dit ce que la majorité des Standardmen pense tout bas. Ses déclarations mettent au grand jour les problèmes du Standard, qui expliquent en partie pourquoi l’équipe réalise des mauvais résultats cette saison.

1 Laszlo Bölöni : "J’ai eu de grands entraîneurs, comme Capello et Mourinho, et ils ne m’ont jamais manqué de respect. Bölöni est l’un des plus petits entraîneurs que j’ai eus, surtout humainement. Il n’est pas aidé car il a un adjoint incompétent. L’entraîneur m’a manqué de respect. Or, alors que j’avais arrêté le football, c’est lui qui m’a appelé pour que je reprenne la compétition. Si j’arrête aujourd’hui, c’est parce qu’il a voulu m’humilier. Lors du briefing avant Charleroi, l’entraîneur nous a mis en garde contre Guédioura. C’est à la limite de la faute professionnelle : le joueur avait été transféré en Angleterre. Des rapports sont consciencieusement établis sur l’adversaire par Dembéle. Cela veut dire qu’il ne les lit même pas."

2 Le plaisir : "Je ne suis pas venu au Standard pour l’argent. En un an, j’aurais gagné ce que j’avais en un mois en Italie. Je suis venu pour me faire plaisir et apporter mon expérience aux jeunes. Aujourd’hui, je me demande pourquoi j’ai signé ici. J’ai quatre enfants, je ne les ai pas abandonnés pour jouer dix minutes. Aux entraînements, je n’ai jamais pris de plaisir."

3 La tactique : "On s’étonne qu’on se fait balader dans la possession de balle mais on ne fait rien pour y remédier. Jamais on n’a disputé un 9 contre 9 sur un demi-terrain comme dans tous les autres clubs. Bölöni a acquis le titre sur la lancée de Preud’homme et, avant lui, de D’Onofrio. Le Standard a mis cinq ans pour se construire et, en un an, on est en train de tout détruire."

4 L’indiscipline : "Au Standard, on ne commence jamais un entraînement à l’heure, on change le programme quotidiennement et rien n’est organisé. Il y a des questions à se poser. Un joueur ne reste pas à la mise au vert après Charleroi et est titulaire le match suivant comme si rien ne s’était passé. C’est un manque de respect pour les autres pros du groupe. Avec Bölöni, les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Trois ou quatre joueurs sont intouchables. Il y a trop de passe-droit dans le vestiaire du Standard."

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