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Coupe du Monde - Groupe A

Chronique d’une faillite annoncée, celle d’une équipe bête et méprisante

J.-C.M

Mis en ligne le 21/06/2010

Conduits par un sélectionneur provocateur mais improductif, les Bleus ont étalé leurs limites intellectuelles et morales.

Le psychodrame qui agite le vestiaire de l’équipe de France n’est jamais que l’aboutissement de la dérive qui accompagne depuis plusieurs mois une sélection qui a pourtant marqué le football mondial au cours de la dernière décennie. Champions du monde en 1998, champions d’Europe en 2000, vice-champions du monde en 2006, les Bleus étaient passés à côté du Mondial 2002 mais on avait qualifié cet échec de simple accident de parcours.

Personne n’a voulu voir, outre-Quiévrain, que l’exécrable campagne du championnat d’Europe 2008 était annonciatrice d’autres déboires. Et ceux qui s’en sont rendu compte n’ont pas été écoutés par des dirigeants fédéraux largement aussi aveugles ou incompétents ou cyniques, c’est selon, que les patrons de l’Union belge.

Pour autant, l’équipe de France a réussi à se qualifier pour le Mondial 2010. Dans des conditions poussives (elle ne termina que 2e de son groupe et dut passer par les barrages) puis franchement scandaleuses (souvenez-vous de la main de Thierry Henry contre l’Irlande).

Sa campagne de préparation laissa entrevoir des lacunes immenses, qui ont éclaté au grand jour en Afrique du Sud. Désormais, et quoi qu’il arrive, car un miracle est toujours possible, le divorce des Bleus d’avec leurs innombrables supporters dans l’Hexagone est consommé. Leurs fautes sont multiples, leurs responsabilités aussi.

Raymond Domenech, le roi de la provocation, joue depuis des mois un jeu parfaitement incompréhensible et totalement improductif. On dirait que depuis qu’il sait qu’il ne sera pas reconduit, lui qui le fut par le chas de l’aiguille après la campagne de 2008, il prend un malin plaisir à grossir encore le trait, si c’est possible, d’annonces contradictoires en décisions farfelues et en lignes de conduite erratiques. C’est une posture indigne d’un meneur d’hommes.

De nombreux joueurs du noyau ont pris la grosse tête à force de se voir choyés au-delà du permis en équipe de France. Logés comme des pachas dans des hôtels cinq étoiles, ces millionnaires du foot se sont mis à faire ce que bon leur semblait dans les vestiaires comme sur le terrain. Dans leurs clubs respectifs, ils gagnent des fortunes mais doivent mouiller leur maillot. En sélection nationale, ils peuvent s’offrir le luxe de glander en toute impunité. Certains, dont l’ego a remplacé le cerveau et qui n’ont manifestement pas les moyens intellectuels, ni l’éducation suffisante pour se ressaisir, en ont profité jusqu’à l’écœurement, sans se rendre compte de la désillusion qu’ils causaient chez leurs jeunes supporters.

L’image des footballeurs français est définitivement ternie. Les habitants de l’Afrique (du Sud) les attendaient comme on attend le messie et ils n’ont eu droit qu’à leur mépris de pseudo-vedettes, là où les vraies stars d’autres sélections montrent quotidiennement leur générosité et leur élégance de cœur.

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