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Le football ne connaît pas toute la chanson

Thibaut Roland

Mis en ligne le 11/02/2012

Le “Soulier d’or” l’a subitement exposée au monde du sport et de la télé. Magali Suárez a aussi réussi à changer l’image collée aux épouses de joueurs.
Entretien

Elle avait éclaboussé la soirée du "Soulier d’or" où son mari, Matías Suárez, s’était vu royalement chaussé. Un simple tour de piste, une chanson joliment poussée avait alors révélé une femme prête à abandonner sa notoriété de chanteuse naissante en Argentine pour se caler dans les pas de son mari, parti en Belgique en espérant enjamber la gloire de ses illustres aînés. Il y a trois ans, au moment de déposer armes et bagages dans le creuset anderlechtois, Magali n’avait rien dit, rien ébruité de ses doutes et de ses ressentis. "La priorité, c’est Matí", répétait-elle comme si cette ritournelle allait finir par la persuader. Car nul ne lâche son pays, sa carrière et sa famille sans ecchymoses et plaies. Mais après s’être parfois difficilement coulée dans la Belgique et son "grand Nord", Magali - à l’instar de Matías - sent aujourd’hui le vent tourner. "Mais il fait toujours froid ici. Combien de temps l’hiver va-t-il encore durer ?", nous demande-t-elle d’entrée, le sourire toujours glissé. Rencontre avec une "belle personne" de 23 ans que le temps laissera inévitablement gagner.

Magali, on a parfois l’impression qu’au soir du “Soulier d’or”, ce n’est pas seulement la carrière de Matías mais aussi la vôtre qui a soudainement basculé ?

Les gens m’ont sans doute découverte à cette occasion. Et c’est vrai que depuis lors mon emploi du temps est totalement chamboulé. J’enchaîne les entretiens, les rencontres alors qu’avant je cherchais à remplir comme je le pouvais mon calendrier. S’il m’arrive encore d’être confinée à la maison, il faut seulement s’en prendre au froid. Seul votre météo continue de me dépayser (sourire).

On vous imagine mal dès lors plier bagages pour la Russie. Si les mercenaires de l’Est déposent leur mallette à billets devant les pieds de Matías, cela risque de ne pas suffire.

Non, c’est la seule chose de sûre. Si l’on doit partir pour un pays encore plus froid, ce sera sans moi. De toute façon, Matí ne veut pas non plus aller dans des pays froids. Là dessus, nous sommes sur la même longueur d’ondes.

Pour revenir à vous, on a l’impression qu’à l’occasion du “Soulier d’or” vous avez aussi éraflé l’image un peu “clichée” des femmes de footballeurs. D’un seul coup, le grand public découvrait une femme qui avait sacrifié sa propre carrière pour suivre son mari, bien loin des “femmes marathoniennes” prêtes à tout pour courir aux côtés d’un joueur, de son exposition et de son porte-monnaie.

Je ne sais pas. Ce n’est pas à moi de dire si j’ai pu servir d’exemple ou changer la vue que les gens pouvaient avoir sur le sujet. Car, au fond, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. J’ai toujours donné la priorité à la carrière de Matías. Mais chaque cas reste singulier. Je baignais dans le football avant de rencontrer Matí puisque mon cousin était gardien à Belgrano. Le fait d’avoir dès le départ trempé dans le football et de l’avoir aussi aimé m’a peut-être influencé.

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