Football

Rik Coppens. Le nom de cet ancien Diable Rouge, décédé ce jeudi 5 février à l’âge de 84 ans alors qu’il était hospitalisé depuis décembre dernier, ne dit pas grand-chose aux plus jeunes, mais a marqué le football belge dans les années 50 et 60. Les quadragénaires et jeunes "quinquas" se souviendront peut-être de son visage sur les célèbres figurines Panini en tant que coach au milieu des années 70 de Berchem (4 ans), avec qui il est monté après deux saisons en D1 en faisant confiance au jeune milieu de terrain Ludo Coeck (16 ans), ou ensuite du Beerschot VAV, durant trois années en Division 1 (5e, 7e et 9e).

Ce buteur racé, surnommé "l’enfant terrible du Kiel", est cependant surtout connu non par ses 47 sélections en équipe nationale (21 buts officiels) couronnées par une participation à la Coupe du monde 1954 en Suisse (1 but lors du partage 4-4 contre l’Angleterre, premier point de la Belgique en phase finale), mais grâce à son plus beau trophée remporté cette même année : le fameux Soulier d’Or, ou plutôt… de marbre.

"En 1954, cela n’avait pas l’importance qu’on accorde aujourd’hui à cet événement créé par le quotidien "Het Laatste Nieuws". Je l’ai d’ailleurs reçu dans un quasi-anonymat, juste avant le coup d’envoi d’un match contre Beringen…", relativisait cet Anversois pure souche, que nous avions rencontré chez lui, en prélude au 50e anniversaire de ce trophée, dans un appartement de Wilrijk avec vue sur le stade du Beerschot, le club de son cœur.

Il assistait alors encore à quasiment toutes les rencontres, comme c’était le cas jusqu’il y a peu. "Le football m’intéresse toujours, même s’il est moins spectaculaire qu’avant. Les résultats priment avant tout, alors qu’il y a beaucoup d’argent en jeu. A notre époque, nous avions simplement 1 200 FB de prime de victoire et 800 FB en cas de nul. Dans les années 50, tous les joueurs étaient de purs amateurs. Nous nous entraînions deux fois par semaine, avec chacun un boulot à côté. Je travaillais quant à moi dans la poissonnerie tenue par mes parents dans le centre-ville…"

Ce qui ne l’a pas empêché de réaliser quelques exploits balle au pied ! L’année de son sacre au Soulier d’Or, il avait par exemple marqué trente-cinq buts lors du championnat - ce qu’il avait déjà réalisé deux ans plus tôt -, lui permettant de partager la cinquième place de toute l’histoire du football belge au niveau de ce classement particulier, dont le leadership est occupé par Erwin Vandenbergh (Lierse, 1980, 39 buts). Il occupe également la cinquième place au nombre de buts marqués en D1, avec 261 buts en 389 matchs. "J’étais un joueur assez complet, avec une bonne technique et shoot des deux pieds, de même qu’une vitesse de pointe. Cela n’a cependant rien à voir avec les joueurs actuels, mieux entraînés. Le jeu va dès lors plus vite, alors que le physique prime sur la technique. Ce que, personnellement, je regrette…"

Transfert à l’étranger refusé par le Beerschot

Coppens suscita l’intérêt de nombreux clubs étrangers mais le Beerschot refusa toute idée de transfert. Il perdra son statut de principale vedette du football belge avec l’éclosion fin des années 50, début des années 60 des icônes d’Anderlecht Jef Jurion et Paul Van Himst.

Ce centre-avant, reconverti ensuite en milieu offensif, fut marqué par de nombreuses anecdotes (dont son but du nez) au cours d’une carrière bien remplie : treize ans au Beerschot, puis un an à l’Olympic de Charleroi (3 buts), avant de poursuivre en D2 par six saisons au Crossing de Molenbeek (32 buts) et deux autres à Berchem, avant de terminer par une saison (1969-1970) au Tubantia Borgerhout, en Promotion. "Je me rappelle notamment de ma première titularisation à l’âge de 16 ans, alors que j’étais aligné en désespoir de cause vu la situation critique du Beerschot. J’ai marqué deux buts contre Alost (succès 4-2), et nous nous sommes finalement maintenus en D1. […] Quelques années plus tard, face à Anderlecht contre qui nous jouions toujours devant 25 000 spectateurs, tout comme face au Standard et l’Antwerp dans notre stade olympique, j’ai marqué les quatre buts de notre victoire 4-2. Les Bruxellois étaient verts de rage !" Et lorsque nous lui demandons s’il n’a pas une anecdote humoristique, la réponse fuse : "Pourquoi, vous ne trouvez pas cela marrant ?" 1-0. Balle au centre, les "feintes" anversoises à la Coppens en ont surpris plus d’un, que ce soit sur ou en dehors des terrains verts…