Football À la veille de ses 44 ans, le Suisse veut s’offrir un très gros cadeau : enfoncer le Bayern dans la crise et confirmer sa joyeuse entrée européenne de l’an dernier

La conférence de presse n’est clairement pas l’exercice préféré de René Weiler mais ce lundi soir, dans la gigantesque salle réservée à la presse de l’ Allianz Arena , il était encore plus nerveux qu’habituellement. Les rares sourires qui ont éclairé son visage étaient soit narquois, soit jaunes.

On peut pourtant difficilement en vouloir au Suisse. Ce mardi, il passera le plus grand examen de sa vie devant les yeux de tout le football européen. Et particulièrement ceux des dirigeants de clubs de grands championnats. Après avoir étonné tout le monde face à Manchester United la saison passée, Weiler veut absolument confirmer son statut de coach à tenir à l’œil à l’avenir.

Et pour ça, rien de mieux que la toute première rencontre de Ligue des Champions de sa carrière sur le terrain de l’un des plus grands clubs de la planète. Probablement même le plus grand pour Weiler, fan absolu de la Bundesliga depuis qu’il sait tenir un ballon entre les mains.

Quand on lui a demandé s’il était supporter du Bayern Munich durant ses jeunes années, il n’a d’ailleurs pas vraiment apprécié la question, pourtant anodine. Non, Weiler ne veut pas passer pour une groupie qui va rencontrer ses idoles. Ce qu’il désire ce mardi, c’est impressionner tous les observateurs.

Pour y parvenir, il a un plan. "Mais je ne vais pas vous le dévoiler", s’est-il empressé d’ajouter. À Manchester la saison passée, il avait réussi à surprendre Jose Mourinho en osant un foot plus offensif à l’extérieur qu’à domicile. Allant même jusqu’à recueillir les félicitations du Portugais à même la pelouse d’Old Trafford juste après l’élimination en quart de finale.

Que tentera-t-il cette fois face au Bayern d’Ancelotti dans un match où Anderlecht n’a pratiquement aucune chance ? Impossible de le savoir mais il a débuté son entraînement de lundi par une causerie d’un quart d’heure sur le terrain, se servant de cônes jetés au sol comme de pions qu’il veut disposer à la perfection sur l’échiquier dès 20h45 ce mardi.

Ce qui est certain, c’est que les Anderlechtois vont devoir galoper face à une équipe qui flirte chaque match avec les 70 % de possession de balle. Un exercice que Weiler adore justement. "Anderlecht ne doit pas toujours penser qu’à dominer, même si beaucoup de journalistes le pensent, à tort", a-t-il répété lundi, pour la énième fois depuis son arrivée au Sporting. "Mais attention, on ne devra pas faire que défendre, sinon on n’aura aucune chance. Samedi, Hoffenheim a eu pas mal de chance de gagner le match. Et malheureusement, je connais bien la mentalité du Bayern qui devient encore plus fort après une défaite…"

À la veille de son 44e anniversaire, René Weiler rêve pourtant d’enfoncer ce Bayern dans la crise, même avec un simple match nul. Ce serait ses plus belles lettres de noblesse. Des lettres qui pourraient l’envoyer en Bundesliga à court ou moyen terme, comme il le souhaite tant. La Ligue des Champions sert de révélateur du plus haut niveau footbalistique possible. C’est valable pour les joueurs mais également pour les jeunes entraîneurs ambitieux. Bonne chance, Monsieur Weiler.