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Au terme d'un Mondial riche en surprises, la hiérarchie semble avoir repris ses droits pour déboucher sur une finale entre l'Allemagne et le Brésil, respectivement triples et quadruples champions du monde.

Un match qui a tout d'un classique, mais qui n'a pourtant jamais eu lieu en Coupe du monde.

Le même score en demi

Après la Mannschaft qui a éliminé les hôtes sud-coréens la veille 1-0, la Seleçao a battu mercredi sur le même score en demi-finale la Turquie, l'autre invité surprise du dernier carré. Un but de Ronaldo a débloqué un match rythmé à la 49e minute, et permet au `phénomène´ de prendre, avec six buts, une option sur le titre de `Soulier d'or´ du tournoi.

Ces deux courtes victoires, qui brisent l'élan offensif enregistré au premier tour de cette Coupe du monde 2002 (130 buts, soit quatre de plus qu'en 1998 en France), cachent des dynamiques très différentes.

Contrairement à l'Allemagne, accusée de ne pas attaquer et d'étouffer le jeu, le Brésil s'est procuré énormément d'occasions, parfois gâchées par les joueurs auriverde, souvent sauvées par le gardien turc Rüstü Recber en état de grâce.

Ce match aux allures de revanche, après un premier Brésil-Turquie en début de Mondial remporté 2-1 par la Seleçao grâce à un pénalty controversé, n'a jamais viré, comme le craignaient certains, à l'affrontement tendu.

La Turquie, qui faisait son retour en Coupe du monde après 48 ans, n'a pas démérité et rencontrera samedi, à Daegu, la Corée du Sud et ses supporters vêtus de rouge pour se disputer la troisième place.

Match inédit!

Le lendemain, à Yokohama, le point final du tournoi sera inscrit par l'Allemagne ou le Brésil.

Allemagne-Brésil, incroyable mais vrai, c'est une rencontre inédite en Coupe du monde en dix-sept éditions.

Les deux équipes, qui à elles deux ont disputé toutes les finales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale à l'exception de celle de 1978 entre l'Argentine et les Pays-Bas, joueront pourtant chacune leur septième finale.

Dans les matches amicaux qui les ont opposés depuis 1963, les Allemands n'ont battu les Brésiliens qu'à trois reprises - à chaque fois en Allemagne.

La Seleçao, championne du monde en 1958, 1962, 1970 et 1994, et présente pour la troisième fois consécutive en finale, part donc favorite. D'autant que le sélectionneur brésilien Luiz Felipe Scolari retrouvera pour le match de Yokohama le meneur de jeu Ronaldinho, suspendu en demi-finale pour le carton rouge dont il avait écopé face à l'Angleterre et remplacé par Edilson.

Rudi Völler, le sélectionneur allemand, devra quant à lui se passer de son maître à jouer. Michael Ballack a été averti face à la Corée du Sud pour la deuxième fois depuis les huitièmes de finale et ne pourra donc pas jouer la finale avec l'Allemagne, championne en 1954, 1974 et 1990.

Le Brésil favori

Or, Ballack est `irremplaçable´, a jugé mercredi le sélectionneur allemand, qui a ajouté: `Le Brésil est le super-favori de la finale. Cela dit, ce n'est pas à chaque fois la meilleure équipe qui enlève le titre mondial. Si c'était le cas, le Brésil ne serait pas seulement quatre mais quatorze fois champion du monde.´

Voilà de quoi mettre un peu la pression sur ses adversaires sud-américains, avant la rencontre de dimanche.

La guerre des nerfs a commencé...

© Les Sports 2002