Football

A la veille de la Coupe du monde 2006, la banque de gestion de fortune UBS, puisant dans les résultats livrés par son modèle prévisionnel, avait annoncé que l’Italie serait sacrée championne du monde. L’institution bancaire avait, par ailleurs, cité 81 % des huitièmes de finalistes, 75 % des quarts de finalistes et la moitié des demi-finalistes.

Elle a refait l’exercice à quelques jours du coup d’envoi de la coupe du monde 2010 et, selon elle, le Brésil, l’Allemagne et l’Italie s’érigent en favoris, même si elle reconnaît qu’en football, il n’est, heureusement, pas de vérité scientifique.

D’ailleurs, pour l’Euro 2008, UBS s’était joliment plantée prédisant le succès final de la République tchèque et se trompant sur les quatre demi-finalistes de l’épreuve.

Toujours est-il que la société bancaire s’est basée sur les performances antérieures des sélections nationales (indicatrices, paraît-il, des résultats futurs) et sur leurs états de service trois mois avant le début de la compétition.

Elle a également utilisé l’échelle de valeurs "Elo" mise au point par le physicien américain d’origine hongroise Arpad Elo, par ailleurs grand joueur d’échecs. Son système de classement vaut pour diverses disciplines. Il permet de photographier la force des équipes nationales de football en fonction de leurs résultats pondérés selon la qualité de l’adversaire, la largesse du score, la nature de la compétition où ils ont été forgés, le lieu (domicile, extérieur) où ils ont été enregistrés (voir classement actuel ci-dessous).

Cette échelle montre, par exemple, que jamais une équipe dotée d’un ratio "Elo" inférieur à 1820 n’a remporté la coupe du monde. Cela dit, jamais non plus, sauf l’Allemagne en 1974, la sélection ayant le ratio le plus élevé n’a été sacrée.

La "photo" d’aujourd’hui montre que la moyenne des scores "Elo" des compétiteurs est la plus faible depuis la coupe du monde 1994, aux Etats-Unis (même si trois équipes, le Brésil, l’Espagne et les Pays-Bas, dépassent les 2000 points, ce qui n’était plus arrivé depuis 1978); que l’Espagne n’a jamais été aussi forte de son histoire; que l’Angleterre n’a jamais été aussi redoutable depuis 1970, les Pays-Bas depuis 1978 et le Brésil et l’Allemagne depuis 1998, l’Italie demeurant au niveau de 2006.

A partir de ces données, utilisant l’ensemble de ces ressources statistiques et les soumettant à son modèle mathématique, UBS croit pouvoir annoncer que le Brésil compte 22 % de chances de remporter la coupe du monde 2010, l’Allemagne 18 %, l’Italie 13 %, les Pays-Bas 8 %, la France 6 %, l’Argentine 5 %, l’Espagne et l’Angleterre 4 %.

Si l’Afrique du sud a 78 % de chances d’accéder aux huitièmes de finale, les prévisions d’UBS laissent peu d’espoir aux autres formations africaines de franchir le premier tour. Les demi-finales pourraient accueillir un invité surprise comme le Portugal, le Chili, la Corée du Sud ou les Etats-Unis.

Enfin, s’agissant de l’Espagne et de l’Angleterre, souvent citées parmi les grands favoris, UBS relève que ces deux sélections, malgré leurs qualités du moment, souffrent d’un lourd handicap, celui de n’être (sauf pour l’Angleterre en 66) jamais allé au bout de leur rêve en phase finale de coupe du monde.

Ce n’est pas du tout l’avis de l’Observatoire des footballeurs professionnels (PFPO), lequel prédit une victoire de l’Angleterre sur l’Espagne le 11 juillet à Johannesbourg.

Le PFPO, groupe de recherche composé d’universitaires suisses et français, a comparé les chances des équipes compétitrices à partir de six indicateurs. Selon ses prévisions, le tableau des 8es de finale sera le suivant : France-Nigeria; Mexique-Argentine; Angleterre-Serbie; Etats-Unis-Allemagne; Pays-Bas-Paraguay; Cameroun-Italie; Brésil-Suisse et Côte d’Ivoire-Espagne.

Les quarts de finale proposeraient les affiches : France-Angleterre; Argentine-Allemagne; Pays-Bas-Brésil et Italie-Espagne. Les demi-finales opposeraient l’Angleterre au Brésil et l’Allemagne à l’Espagne... Qui vivra verra.