Football

Certains jeunes talents belges pourraient être touchés par la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Eden Hazard, Kevin De Bruyne, Marouane Fellaini, Thibaut Courtois, Vincent Kompany, et un bon nombre d'autres joueurs belges de football évoluent actuellement au sein de clubs de Premier League. Et la sortie de l'Union européenne votée par près de 52 % des Britanniques ne bouleversera pas que l'économie ou encore la diplomatie, le sport risque bien d'être affecté par cette décision à venir.


Des Diables "extracommunautaires"

Pour le moment, les Diables rouges viennent travailler librement sur le sol britannique. Mais lorsque le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne, ils seront alors considérés comme « extracommunautaires ». Leur statut sera du coup similaire à celui des joueurs sud-américains, africains ou encore asiatiques. Avant le vote, Arsène Wenger, le coach d'Arsenal, faisait d'ailleurs part de ses inquiétudes : "Cela pose beaucoup de questions. Les joueurs européens seront-ils toujours considérés comme ils le sont aujourd’hui ? Par exemple, si l’Angleterre vote pour le Brexit, les Français seront-ils considérés comme les joueurs sud-américains ? Cela remettrait totalement en question l'apport de joueurs étrangers." Ils devront donc demander un permis de travail pour jouer en championnat d'Angleterre. Et, c'est là que les choses se corsent...


Un permis de travail pas simple à obtenir

Obtenir un permis de travail pour la Premier League est compliqué. Les conditions sont rigoureuses. Et selon une estimation de la BBC, 122 des 168 joueurs européens de Premier League, pourraient se voir prier de quitter le territoire.

La première obligation : être né dans un pays se positionnant dans les 50 premières places du classement FIFA. Sur ce point, la Belgique n'a pas trop de soucis à se faire. Par contre, c'est surtout la règle du pourcentage de matchs disputés pour un international dans sa sélection lors des deux dernières années qui pose problème. Pour les nations du top 10 (nous sommes 2e), il s'agit de 30 %, les dix suivantes 45 %, puis 60 % pour celles de 21 à 30 et 75 % de 31 à 50. Si le règlement reste inchangé, seuls des joueurs étrangers confirmés seront recrutés et le championnat devra se passer de jeunes prometteurs belges ou issus d'autres pays européens. Certaines grandes pointures, moins souvent sélectionnées, pourraient également être inquiétées.

Quatorze Diables sont déjà assurés de répondre à cette règle une fois l'Euro terminé. Dix d'entre eux jouent déjà en Angleterre. Par contre, Yannick Ferreira Carrasco et Thomas Vermaelen (5 matchs sur 13 actuellement) devront encore être alignés une fois si la Belgique atteint les demi-finales. Thomas Meunier (4 matches sur 13) devrait, lui, jouer face la Hongrie pour avoir droit à un transfert en Angleterre, puis un autre match si les Belges vont plus loin. Parmi les Diables récents Nacer Chadli, Kevin Mirallas, Adnan Januzaj, Sébastien Pocognoli, ne répondraient plus aux normes. Et puis chez les plus confirmés, les victimes du Brexit seraient : Simon Mignolet, Mousa Dembelé et Jason Denayer. Mais sans doute, sont-ils couverts par leur contrat  signé au préalable. 


Vers un changement des règles ?

Les règles d'obtention du fameux permis de travail pourrait être revues. Mais, il s'agit d'un véritable défi pour la Premier League. Difficile en effet d'accorder un statut privilégié aux Européens. Difficile également d'assouplir les règles pour tous les joueurs étrangers.


Des contrats à réévaluer ?

Un autre impact du Brexit à prendre en considération : l'inévitable dépréciation de la livre sterling. Cette chute de la monnaie britannique pourrait pousser certains joueurs à réévaluer leur contrat. Débarrassés des jeunes espoirs par les règles drastiques d'obtention de permis de travail, les grandes pointures seraient alors en mesure de négocier.