"Ce n’est pas en 5 séances chez le psy que tout est réglé"

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

Football

Ni l’air abîmé des vacances ni le ciel chahuté n’avaient hier matin empêché le public de se presser aux portes de Neerpede lors d’un entraînement que la direction anderlechtoise avait choisi d’ouvrir au public.

Autre temps, autres mœurs : John van den Brom semble avoir refermé l’ère d’Ariël Jacobs, la parenthèse des huis clos et des entraînements disputés sur le front des barricades. "Ce n’est pas seulement pour les journalistes que l’on se doit de rester ouverts. C’est aussi et avant tout par rapport aux supporters", déclarait "vdB".

Hier, le décrassage du matin n’aura sans doute pas permis au public anderlechtois de se faire une idée des forces en présence, des joueurs en état de grâce et des mines encore fatiguées mais l’essentiel était ailleurs. Familial, disponible, le Sporting 2012-2013 se rassurait surtout en enregistrant la présence de ses internationaux européens, Marcin Wasilewski et Behrang Safari. "Les vacances ont été courtes mais cela fait toujours du bien", lançait jeudi l’international suédois. "Avec la naissances des jumeaux, il fallait mieux rester à la maison."

Malgré ses 270 minutes passées sur le banc suédois pendant l’Euro polonais, Behrang Safari n’a pas lâché en cours de route son capital sympathie. "J’espérais jouer, c’est évident. Surtout lors du dernier match où nous n’avions déjà plus aucune chance de nous qualifier. Mais j’essaie toujours de tirer le meilleur parti des choses. J’ai vécu une formidable expérience."

Etonnant joueur suédois dont la force mentale, entre le fer et l’acier, aura fini par s’expliquer. Autrefois rongé par le stress, Safari s’était un jour aventuré chez le coach mental de Roger Federer.

"Quand je jouais à Bâle, deux joueurs se rendaient déjà chez le psychologue du sport, Chris Marcolli, chez qui Federer était aussi passé. J’ai d’ailleurs croisé Roger deux fois à Bâle mais c’était dans un autre contexte (sourire)." Safari venait alors de clôturer sa première saison suisse sur des impressions mitigées. "C’est à ce moment-là que je me suis décidé à travailler avec lui. Ce n’est pas toujours facile de se lancer là-dedans, il ne faut pas croire qu’en 5 séances vous avez fait le tour de la question et que votre cas est réglé. Cela prend du temps de travailler sur soi, vous devez au moins compter sur deux années. Aujourd’hui, j’ai encore des exercices à faire. Je suis resté en contact avec Marcolli mais on s’en tient à des conversations téléphoniques. Il n’est jamais venu ici."

Loin des salons feutrés et des divans de psychanalystes un peu "clichés", Safari s’est donc lancé dans une aventure sans douleurs ("ma deuxième saison à Bâle a d’ailleurs été nettement meilleure") mais avec une douloureuse à la clef. "Oui, cela coûte beaucoup d’argent. Je me suis rendu compte à ce moment-là que les coachs de ce type gagnaient bien leur vie. Pour me rassurer, ma femme me disait que c’était un investissement que je faisais sur moi et pour moi."

Et aujourd’hui, le temps n’est pas le seul à avoir œuvré. Métamorphosé, l’international suédois semble désormais rehaussé par les certitudes. "C’est un travail sur la confiance. Il n’y a aucune raison d’attendre 31 ans pour aller voir un coach mental. Je pense que de nombreux joueurs pourraient être intéressés." Lui qui disputait toujours ses meilleurs mi-temps loin de son entraîneur, lui qui parvenait à dérider son jeu une fois éloigné du kop des supporters a désormais changé. A Anderlecht aussi, on sait que Berhang Safari est toujours meilleur la deuxième année.

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