Football Cent vingt secondes. C'est ce qu'il a manqué à Charleroi pour empocher sa première victoire à domicile. Malheureusement pour les Zèbres, Genk a décidé de jouer les trouble-fête et de doucher les espoirs d'un Mambourg chaud bouillant depuis le départ d'Abbas Bayat. Râlant quand on voit le jeu produit par l'équipe de Yannick Ferrera en première période. En début de match, c'est fluide, animé... mais inefficace. Le ballon circule bien et le Sporting se montrent dangereux via des tentatives de Gnohéré et Diandy dans les 10 premières minutes.

Genk doit lui se contenter des tirs assez mous de Buffel et Hyland et d'une tête approximative de Martos vers son gardien pour espérer inquiéter Mandanda. Tout au long des 45 premières minutes, ce sont bien les Carolos qui font le jeu, avec Ziguy Badibanga à la baguette. Percutant, habile, l'ancien Anderlechtois a prouvé que sa prestation étincelante face à Mons n'était pas qu'un coup d'éclat.

Mais toute cette débauche d'efforts est vaine. Charleroi domine, mais ne parvient pas à se montrer concret en zone de finition. Les coups francs terminent leur course directement dans les gants de Van Hout, les corners sont vite repoussés. Pas à la 26e minute. Après avoir joué leur coup de coin à la rémoise, les Carolos sont à deux doigts d'ouvrir la marque. Ederson reprend de la tête, mais sur le double-mètre de Van Hout. Dzinic ensuite trouve le poteau. Une minute plus tard, la situation est de nouveau chaotique dans le rectangle de Genk grâce à un tir de Gnohéré.

Peu avant la mi-temps, Vossen redonne quelques couleurs à un match qui avait perdu en intensité grâce à une belle frappe tendue. Mais repoussée par Mandanda.

Vossen, ce renard

De retour des vestiaires, les Limbourgeois sont nettement plus en verve. Le jeu haché de la première période laisse place à de belles combinaisons. Et contrairement à leurs adversaires du jour, il ne faut pas attendre 4 minutes pour voir le Racing marquer. Sur un centre de Coulibaly, Jelle Vossen, étonnamment seul dans la surface, envoie le ballon dans les filets. De quoi frustrer des Carolos qui ont raté le coche... Et ce n'est pas le tir de Martos, bien repoussé par le gardien à l'heure de jeu, qui pourra faire oublier la triple occasion gâchée.

On retrouve le même duo 20 minutes plus tard. Mais cette fois, Mandanda sort parfaitement et ne se laisse plus avoir. Charleroi tente le tout pour le tout. Pas question de priver à nouveau les supporters d'une victoire à domicile. A la 83e, Aoulad tente bien de numéro à l'entrée du rectangle mais il est stoppé. Trois minutes plus tard, Dzinic reprend un coup franc de la tête mais Van Hout, encore et toujours lui, est sur la trajectoire.

La messe semble dite. On se dirige vers la défaite encourageante au Sporting. Mais à la 90e, Ziguy Badibanga prouve que malgré quelques erreurs de parcours, il est loin d'être fini. Un contrôle parfait, un crochet et surtout une superbe frappe enroulée, et le Zèbre galopant ramène les deux équipes à égalité. Le Mambourg respire. Son club accroche un point.

Sauf qu'à force de se découvrir, on finit par se faire avoir. Deux minutes plus tard, Julien Gorius jette un énorme coup de froid grâce à une reprise victorieuse de la tête. Le stratège de Genk était de nouveau libre de tout marquage au beau milieu de la surface carolo. C'est 1-2, et cela le restera malgré une ultime occasion pour Giuseppe Rossini.

Charleroi qui pleure, Genk qui rit

Dans le Limbourg, on peut avoir le sourire jusqu'aux oreilles. Cette victoire sur le fil et les 3 points qui vont avec ramènent Genk dans le peloton de tête. Actuellement 4es, Buffel, Vossen et consorts comptent 14 points au classement, toujours dominé par le Club de Bruges avec 20 points.

A Charleroi, cette défaite risque bien d'être très dure à encaisser. Non seulement les Sportingmen n'ont toujours pas gagné devant leur public mais en plus, ils retombent à la 14e place. A un point seulement de Waasland-Beveren et des PO3.

Toujours est-il que le jeu produit laisse penser que le club a les capacités de s'en sortir et a sa place en D1. Reste à le concrétiser sur le terrain. Et devant le but !