Football

Chelsea, qui pensait avoir fait le plus dur avec sa victoire à l'aller (3-1), a bien failli se faire surprendre par Liverpool dans un match fou qui s'est soldé sur un incroyable nul (4-4), offrant une demi-finale de Ligue des champions aux "Blues", et à la C1 l'un de ses plus beaux matches.

Quel scénario! Et quel match! Le miracle a bien failli avoir lieu... Alors que tout semblait perdu pour Liverpool, quasiment condamné par sa débâcle à Anfield Road (3-1) une semaine plus tôt, les Reds furent tout près d'écrire l'histoire d'un come-back que l'on pensait irréalisable. Leurs supporteurs ont dû vivre des minutes douloureuses, passant par tous les sentiments possibles, comme ceux de Chelsea d'ailleurs.

L'annonce du forfait de Steven Gerrard juste avant le début de la rencontre avait, pensait-on, définitivement scellé le destin déjà écrit des Reds. Mais il faut croire que cette équipe est vraiment faite d'un autre matériau.

Car au bout d'une demi-heure de match, les deux équipes étaient de nouveau sur la même ligne. Les Reds, dont les statistiques en avaient déjà fait un éliminé en puissance, avaient réalisé l'impensable, rejoignant une équipe de Chelsea qui pensait sans doute n'avoir qu'une simple formalité à remplir.

C'est en réalité un cauchemar qui prenait forme, et que rien ne semblait pouvoir contrarier.

Complètement dépassés par le rythme imposé dès le début de la rencontre par les hommes de Benitez, les "Blues" ont tout simplement vécu le pire scénario possible: deux buts encaissés, un coup-franc vicieux d'Aurelio allié à un très mauvais placement de Petr Cech (19e), et un penalty d'Alonso après une faute d'Ivanovic (28e), le héros du match aller, le tout en mois d'une demi-heure de jeu.

On donnait alors peu cher de la peau des "Blues", complètement hors-sujet.

Guus Hiddink, l'entraîneur de Chelsea, a dû trouver les mots justes dans les vestiaires pour revigorer ses troupes, rentrées en hochant la tête dans les bas-fonds de Stamford Bridge.

Car de retour sur le terrain, c'est bien Chelsea qui avait décidé de reprendre les rênes du match. Le club londonien fut très bien aidé par le gardien des Reds, Reina, qui se fit surprendre par Drogba venu couper un centre tendu (51e).

Mais si Chelsea venait tout juste de reprendre l'avantage, Liverpool n'était pas encore en dehors du coup. Il devait l'être théoriquement après le coup franc d'Alex (57e), un petit bijou de puissance contenue, sur lequel Reina ne put vraiment rien et le troisième but de Lampard (76e).

Mais Liverpool tentait le tout pour le tout et reprenait le cours du match en inscrivant deux buts, par Lucas (81e) et Kuyt (82e), avant que Lampard ne permette à Chelsea de revenir (4-4, 89e).

Un déluge de buts, et un scénario fou qui va forcément marquer l'histoire de cette Ligue des champions. La prochaine étape passera par un nouvel exploit face à Barcelone en demi-finale.

Le Barça sans forcer son énorme talent

Le FC Barcelone s'est qualifié pour les demi-finales de la Ligue des champions en se contentant d'un nul (1-1) mardi soir sur le terrain d'un Bayern Munich courageux mais limité et toujours hanté par l'affront du match aller (4-0).

Si dans leurs discours d'avant-match, les Catalans disaient se méfier d'une réaction d'orgueil des joueurs du Bayern, leurs craintes ont certes été justifiées, mais l'orgueil bavarois n'a pas pesé bien lourd face aux inspirations offensives espagnoles.

Il aurait fallu un exploit pour que le Bayern élimine la meilleure équipe d'Europe.

Jamais dans l'histoire de la Ligue des champions, un club battu de quatre buts à l'aller n'avait en effet réussi à renverser la vapeur au retour et obtenir sa qualification.

Le Bayern a échoué, mais peut se consoler en se disant qu'il a fait illusion pendant une heure.

Avec les retours de Philipp Lahm et de Lucio en défense, Jürgen Klinsmann, conspué à son entrée sur le terrain par les spectateurs de l'Allianz-Arena qui ont encore réclamé son départ, a pu aligner une équipe plus ambitieuse, même en l'absence de Miroslav Klose, convalescent, de Lukas Podolski, blessé, et de Bastian Schweinsteiger.

Emmenés par un Ribéry intenable, les Bavarois ont été les plus dangereux en première période grâce à une tête de Luca Toni (5e), un tir de l'ancien Marseillais rasant la transversale catalane (13e) et une reprise de Toni (45e) frôlant le montant droit de Victor Valdes.

Privé de Thierry Henry, grippé, le FC Barcelone a laissé passé l'orage pendant quinze minutes avant de reprendre la direction des opérations.

Les joueurs de Josep Guardiola, qui, suspendu, a suivi la rencontre des tribunes, ont fait alors l'étalage de leur supériorité technique, tout en cédant à une certaine et légitime facilité.

Comme à l'aller, les Catalans, notamment Dani Alves et Lionel Messi, ont donné le tournis à la défense bavaroise, à l'image de cette louche de Messi sur un défenseur bavarois (24e) et d'un raid de l'Argentin rattrapé in extremis par son compatriote Martin Demichelis (36e).

Dès le début de la seconde période, le Bayern a pris l'avantage grâce à Ribéry servi par Ze Roberto (47e), l'ancien Marseillais profitant d'une hésitation de Valdes.

Réveillé par le but bavarois, le Barça, où le Français Eric Abidal faisait son retour après deux mois d'absence sur blessure, a retrouvé son allant offensif et a égalisé par Seydou Keita (73e) à la conclusion d'une superbe combinaison.

Le Barça poursuivra son épopée européenne face à Chelsea, tandis que le Bayern tentera de sauver sa saison avec un titre de champion.

Comme en 2002, 2005 et 2007, la campagne du Bayern en Ligue des champions s'arrête en quart de finale. Plus grave, l'exercice 2008-09 a cruellement ramené le géant bavarois à la réalité.

Malgré les 70 millions d'euros dépensés à l'été 2007 pour Ribéry, Toni et Klose, le club le plus titré du football allemand n'a pas comblé l'écart qui le sépare du gotha européen depuis son dernier sacre en 2001.