Football

ENVOYÉ SPÉCIAL À FRANCFORT

Assis confortablement dans un salon à l'ambiance feutrée de l'hôtel Marriott, qui fait face au Festhalle de Francfort où aura lieu ce soir le tirage au sort des qualifications de la Coupe du Monde allemande de 2006, Aimé Anthuenis a l'air studieux. Lunettes sur le nez, il relit les notes qu'il a prises dans l'avion, en analysant ligne par ligne les pays que la Belgique pourrait tirer ce soir et qui se dresseront sur son chemin: une septième participation à la Coupe du Monde.

Privé d'Euro, le sélectionneur national, dont le contrat vient d'être prolongé jusqu'en 2006, sait qu'il n'a plus droit à l'erreur. Versée dans la deuxième poule, la Belgique risque d'hériter d'un ténor du continent et donc de viser la deuxième place du groupe (les deux meilleurs seconds des huit groupes sont qualifiés d'office, les six autres passeront par des barrages). «Finalement, peut-être est-ce mieux d'être placé dans un groupe de sept, se demande le sélectionneur national. Car nous éviterons ainsi la France, l'Espagne, l'Italie et l'Angleterre qui ont obtenu de la Fifa la garantie d'être dans un groupe de six, pour jouer moins de matches.»

Une plaie ouverte

La veille, Anthuenis nous avait déjà dit qu'il rêvait d'un groupe avec la Suède et l'Autriche. «En fait, quand je regarde les poules, je me dis que les équipes des troisième et quatrième chapeaux se tiennent de très près et que la forme du moment sera déterminante. Le plus important, somme toute, c'est de penser... à nous. Je me suis fixé une ligne de conduite, je m'y tiens et je persiste. J'ai reconstruit un groupe et tout le monde a constaté son évolution ces derniers mois. Mais il faudra confirmer et trouver des leaders, ce qui ne sera pas facile...»

En tout cas, Anthuenis est conscient qu'il sera impossible, ce soir, d'avoir une idée claire sur nos adversaires, puisque le premier match aura lieu en septembre 2004. «Je ne sais déjà pas à quoi ressemblera mon équipe. Car sans vouloir soutenir Jos Vaesen, le président de Genk, dans ses critiques contre Beveren, je me dis qu'un jour ou l'autre, il faudra se poser des questions sur notre championnat. La plupart des attaquants de nos meilleurs clubs sont des étrangers: Aruna, Jestrovic, Mornar, Bangoura, Kaklamanos, Mendoza, etc. Et ceux qui jouent à l'étranger n'ont pas l'assurance d'être titulaires. Si Buffel et Sonck restent six mois sur le banc et qu'Emile Mpenza se blesse, ma tâche se complique sérieusement, avouez-le...»

En attendant de se focaliser sur sa sélection, Aimé Anthuenis se penchera sur ses adversaires. En espérant que Pierluigi Collina, l'arbitre italien qui effectuera (avec Schumacher) le tirage au sort en remplacement du chanteur Sting, se montre, enfin, favorable aux Diables. Faut-il rappeler qu'il n'avait pas sifflé un penalty, en juin dernier, qui aurait pu nous apporter la victoire en Bulgarie?

«C'est Collina qui tire les groupes? Aïe! En tout cas, une chose est sûre, je ne lui serrerai pas la main.» La plaie, visiblement, est encore ouverte...

© Les Sports 2003