Football Pour battre ce bon Genk-là, le Club a bénéficié de la réussite du champion.

Oh, qu’il pourrait rapporter gros ce penalty converti, dans les arrêts de jeu, par le revenant Lior Refaelov et provoqué, de manière très professionnelle, par son capitaine Ruud Vormer !

Il offre au Club Bruges, qui n’a pas secoué son adversaire comme il a coutume de le faire quand il se produit à domicile, un avantage très substantiel dès le début des PO1. Il lui ménage ainsi un certain droit à la contre-performance dans ses deux prochains déplacements, périlleux, à La Gantoise et à Anderlecht, ses deux principaux adversaires dans la conquête du titre.

Philippe Clement ne contestait pas le fait de jeu qui a décidé du résultat : "La sanction est justifiée. Il y avait bien faute d’Uronen sur Vormer. Mais ce dernier a cherché le penalty, avec rouerie. Celle-ci a durement sanctionné un petit manque d’expérience dans notre chef."

Le Club a livré une prestation sans éclat. Il n’a pas affiché sa furia habituelle. Il n’a pas débordé son adversaire par une vitesse d’exécution supérieure. Il a joué pour gagner mais il n’est pas parvenu à dérégler l’organisation d’un Racing Genk qui ne lui a rien cédé et qui lui a même vaillamment tenu tête.

Les Brugeois n’ont donc pas dû regretter, comme ils ont parfois dû le faire, d’avoir galvaudé un grand nombre d’occasions. Si l’on excepte la reprise de Mechele sur un coup franc de Denswil qui a rebondi sur le dessous de la transversale et, peut-être, la glissade malencontreuse de Wesley sur un long centre parfait de Mitrovic, ils n’ont pas vraiment inquiété Vukovic.

Si, contrairement à ce qu’espérait Ivan Leko, aucun de ses joueurs n’a élevé son niveau de jeu, si chacun a simplement joué son rôle, le Club n’a pas non plus suscité d’inquiétude particulière. Il n’a pas accusé de faille. C’est collectivement qu’il s’est imposé. Son bloc ne s’est pas désagrégé quand, dans une de ses bonnes périodes, le Racing a semblé s’arroger la maîtrise du jeu.

Le leader est ainsi apparu solide, mature, peu en proie au stress qui aurait pu, insidieusement, commencer à le miner. Sa longue chevauchée solitaire ne l’a pas émoussé. Elle n’a pas, non plus, assouvi sa soif de victoires. "On a enfin battu Genk, exultait Ivan Leko. Le Racing fut, peut-être, notre adversaire le plus difficile cette saison. La qualité de Genk explique, peut-être, que nous ne sommes pas parvenus à développer un football champagne. Ce fut au contraire un match d’hommes. Ce qui nous a manqué aujourd’hui ? La précision dans la dernière passe. C’est ce qui explique notre tout petit nombre d’occasions franches. Je suis fier de mes joueurs. Fier de la mentalité qu’ils ont révélée et de la discipline qu’ils ont affichée. C’est d’autant plus méritoire que la défaite d’Anderlecht les avait quelque peu stressés."