Football

Dans une course d’obstacles comme peuvent l’être les éliminatoires pour une phase finale de Coupe du Monde de football, tous les rendez-vous sont importants et tous les points pris sont précieux. Mais le Belgique-Grèce, programmé samedi, au stade roi Baudouin, peut être, plus que tout autre, qualifié de match-clé. Voici pourquoi.

1. A la veille de cette confrontation, les Diables Rouges comptent 12 points (sur 12), les Grecs 10 et les Bosniens 7. Il ne faut plus se préoccuper des trois autres formations du groupe, l’Estonie, Chypre et Gibraltar qui “ne jouent plus avec”, comme on dit à Anderlecht.

2. Imaginons que les Diables battent les Hellènes: ils auront 15 points (sur 15); leurs rivaux d’un soir resteront scotchés à 10 et seront rejoints par la Bosnie, qui accueille Gibraltar et n’a donc rien à craindre.

3. Le premier tour aura vécu et il restera donc 5 matches retour à livrer. Les Diables recevront Gibraltar (le 31 août) et Chypre (le 10 octobre). Ils se déplaceront en Estonie le 9 juin. On ne voit pas comment ils ne ramasseraient pas 9 points sur 9 à l’occasion de ces trois duels, même si, en Estonie, le marquoir n’affichera sans doute pas les mêmes chiffres que ceux (8-1) qu’il arborait au terme de Belgique-Estonie à l’automne 2016.

4. Les Belges devraient donc, sauf accident industriel, compter 24 points au terme de ces trois confrontations. Pour les dépasser, la Grèce et la Bosnie devraient remporter TOUS leurs matches. C’est impossible pour l’une des deux équipes car elles se rencontreront le 9 juin, en Bosnie, et le battu ne pourra espérer au mieux que 22 unités. Mieux même, si ce soir-là Bosniens et Grecs partagent l’enjeu, la première place sera acquise aux Belges puisque leurs deux adversaires ne pourraient dépasser le total de 23 points.

5. Cependant, pour être sûrs de gagner leur poule et de se qualifier directement pour le tournoi russe, les Diables auraient intérêt à prendre un point soit aux Grecs, soit aux Bosniens. Ils seraient en ce cas sûrs d’arriver à au moins 25 points. La formation qu’ils auront accrochée ne pourrait plus les rejoindre. L’autre pourrait mathématiquement le faire.

6. Supposons qu’elle le fasse. Pour départager les deux sélections terminant premières ex-aequo, on aura recours à la différence de buts. Or, pour le moment, les Diables affichent un bilan positif de +20 buts, les Grecs de +7 et les Bosniens de +3. Pour que la tendance s’inverse, il faudrait que les Belges se mettent à gagner à l’économie et que leurs rivaux fassent sauter le marquoir match après match.

7. Envisageons à présent l’hypothèse d’un partage voire celle d’une défaite belge samedi. Ce serait embêtant. Dans le premier cas de figure, les Diables conserveraient deux points d’avance sur les Grecs et en auraient trois sur les Bosniens. De quoi voir venir tout en sachant qu’ils devront se déplacer chez ces deux adversaires. Dans le second, les Grecs passeraient en tête et les Belges devraient réaliser un exploit à Athènes pour renverser la vapeur. On le voit, l’importance d’un succès samedi est réellement très grande.

8. Tous ces petits calculs d’apothicaire seront, espérons-le, balayés par la réalité du terrain. Rien n’empêche Courtois et les siens de tout gagner d’ici octobre 2017. Le 30/30 est à leur portée et un tel score mettrait définitivement tout le monde d’accord.

J.-C.M.