Diables rouges: la révolution silencieuse

Thibaut Roland Publié le - Mis à jour le

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L’important est de ne rien avoir à se reprocher."

Depuis plusieurs jours, la formule de Marc Wilmots a pris des airs de marque déposée. Une sorte de tic verbal, de gimmick inconscient sonnant comme une respiration au milieu d’un travail de forçat et de journées corsées.

Jamais un sélectionneur national n’avait jusqu’ici donné l’impression de s’investir d’une façon aussi conséquente autour des Diables et de leur projet. Parfois mal perçu et étrangement regardé par les joueurs dans son vieux costume de T2, Wilmots aura depuis réussi à placer les dernières soudures et à resserrer les ultimes boulons d’un groupe retapé (quoi qu’on en pense) par un Dick Advocaat dont la fuite ne pourra pas effacer l’efficacité.

Le Néerlandais avait au demeurant été le premier à voir en Wilmots un T1 désigné.

Alors, entre un Leekens parfois trop laxiste et un Advocaat frôlant le rôle de veilleur de nuit et de professeur complexé, l’ancien joueur de Schalke aura trouvé la juste mesure. La juste psychologie aussi pour éviter de voir ses Diables s’enflammer : "J’en ai un peu marre que l’on parle de pression autour d’Eden Hazard alors que c’est un joueur que je n’ai jamais vu stressé. Je parle beaucoup avec lui mais ce qui se dit reste entre lui et moi. Je préfère vous dire que j’ai oublié ce dont on a parlé."

Protecteur, Marc Wilmots l’aura été plus que jamais avant le sommet d’aujourd’hui face à la Croatie : "Je ne comprends pas comment certains peuvent ramener ce pays à Modric. Il suffit de passer en revue leur défense et vous l’avez compris. De toute façon, même en battant les Croates, on ne sera encore nulle part. Les trois points en or empochés à Cardiff nous ôtent de toute façon toute pression."

Un adage auquel le sélectionneur national ne croyait sans doute qu’à moitié mais qu’importe puisque les joueurs s’y ralliaient. Calés dans une bulle depuis près de dix jours (les week-ends en famille avaient cette fois été annulés), les Diables n’auront jamais quitté cette ambiance travailleuse mais décomplexée. Seul un Christian Benteke, encore hanté par les détails de son transfert à Aston Villa, avouait avoir passé quelques nuits compliquées : "Je cogitais, je ne dormais pas bien. J’étais prêt à tout pour réaliser mon rêve. Si j’avais dû rester à Genk, j’aurais sans doute mis quelques jours à m’en relever. Heureusement, tout s’est bien terminé. Le jour où j’ai signé, j’ai été soulagé."

Le nouveau transfuge des Anglais devrait ce soir débuter à l’avant d’une équipe où tous les autres doutes ont désormais été levés. Preuve que les indices n’avaient pas trompé, Steven Defour débutera ce soir dans son habituel rôle de taulier (à l’heure qu’il est, Modric devrait déjà être alerté). "Moi, je n’aimais pas quand un joueur me suivait partout", rappelait hier Marc Wilmots. "Personne n’aime ça. Steven a fait ça de façon parfaite contre Sneijder. Je pensais qu’il allait exploser après 70 minutes."

Devant une infirmerie que l’on avait rarement vue aussi désertée, Marc Wilmots aura donc eu l’embarras du choix : "Mais je pense que c’est un plaisir pour le coach de choisir", confiait Steven Defour. La gestion humaine de l’ancien entraîneur de Schalke l’aura une nouvelle fois aidé. Non pour mettre ses joueurs sur le divan mais pour canaliser le groupe en bon père de famille : "Ce soir, je demanderai aux joueurs les plus expérimentés d’aider les autres à ne pas s’enflammer. Je compte sur Kompany, sur Witsel Sur Defour aussi."

Dans un stade Roi Baudouin surchauffé, chacun a déjà compris que le premier raccourci vers Rio passera ce soir par la Croatie.

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