Football

Écrire l’histoire. Voilà l’expression la plus souvent entendue dans la bouche de Marc Wilmots ces derniers jours. L’histoire de cette Coupe du Monde est déjà belle pour les Diables. Face à l’Argentine, Vincent Kompany et toute sa bande ont une occasion non pas d’écrire l’histoire, mais de rentrer dans la légende du football belge, en égalant l’exploit de l’équipe de 1986. Le tout face au meilleur joueur de la planète.

Quelles sont les vraies chances des Diables d’éliminer l’Albiceleste ? Les sociétés de paris, elles, ne font pas dans le sentiment ni dans le patriotisme. Selon les cotes des bookmakers internationaux, la Belgique a en moyenne 39 % de chances d’aller en demi-finale. Ce n’est pas si mal.

Dans le cœur des supporters, et même dans celui des observateurs, ce pourcentage augmente ou diminue forcément en fonction du clan dans lequel on se trouve, ou d’autres paramètres comme la forme ou le mental. Et force est de constater que si l’on s’intéresse à la confiance des deux équipes, on se rapproche du 50-50.

C’est en tout cas ce que l’on a pu constater dans le stade national de Brasilia, hier, à travers les conférences de presse et les bribes d’entraînements auxquelles nous avons assisté. Alejandro Sabella, le sélectionneur argentin, a été bousculé par les journalistes de son pays, qui ont de sérieux doutes sur ses choix tactiques. À l’opposé, Marc Wilmots et Jan Vertonghen sont apparus sereins. Le match contre les États-Unis a tout changé. Les Diables ont la foi. À un point qu’ils pourraient bousculer des montagnes. Ou conquérir l’Argentine.

Donc, oui, on croit en l’exploit. Mais Di Maria, Lavezzi, Messi et les autres ne sont pas des manchots. Pour sortir cette équipe, il faudra réunir plusieurs conditions. La première, c’est que tous les joueurs répondent présents sur le plan individuel. Ils l’ont fait à Salvador contre les States, ils sont capables de le refaire à Brasilia.

La seconde condition est sans doute encore plus importante. Capitale, même : il ne faut pas trop respecter l’Argentine. Il ne faut pas regarder jouer Messi. Marc Wilmots a eu raison de dire haut et fort qu’il n’avait pas fêté la qualification, qu’il visait le titre mondial. Pour continuer à progresser, la Belgique doit oublier qu’elle a été, il n’y a pas si longtemps, un petit pays de football.

Les Diables devront aussi être conquérants dans l’esprit. Et tactiquement. Wilmots a prévenu qu’il ne s’adapterait pas, qu’il continuerait à attaquer. C’est du semi-bluff : il faudra s’adapter un minimum pour contrer la force offensive de Messi & co. Mais il faudra en effet attaquer. Les Belges doivent joueur leur jeu. Aller de l’avant. Sans crainte. Et pourquoi pas avec un peu d’arrogance.

Si toutes ces conditions sont réunies, alors tout deviendra possible pour les Diables. Une demi-finale. Ou même un titre mondial. Nous, on y croit.