Football

Wasyl va beaucoup nous manquer." Les Anderlechtois, en chœur, déplorent la longue absence de leur équipier polonais. Parce qu’il va laisser un vide sur le terrain, mais aussi parce qu’il est l’un des joueurs les plus appréciés dans le vestiaire, grâce à sa personnalité attachante, qui contraste avec son image publique, très dure.

"Wasyl" s’était pourtant demandé où il avait atterri quand il débarqua à Anderlecht : son premier contact avec ses équipiers fut un cours de tango ! Il s’est toutefois très vite intégré dans le groupe, malgré l’obstacle de la langue. Aujourd’hui, il utilise encore ce prétexte pour se tenir à distance de la presse. "Je ne parle pas anglais, répète-t-il aux journalistes. Et mon fils de 7 ans parle mieux français que moi "

Si "Wasyl" est apprécié à ce point, c’est aussi parce qu’il est un vrai "clubman". "Il ne pourrait jamais jouer dans un autre club belge", nous a confié l’un de ses proches. Son fils Oskar porte lui aussi les couleurs du Sporting. Dès que son emploi du temps le lui permet, Marcin le conduit à l’entraînement et assiste à ses matches.

Le défenseur anderlechtois a acquis ses valeurs lors d’un parcours de vie assez difficile. Il a grandi à Novahuta, l’un des quartiers les plus pauvres de Cracovie. Il s’en est sorti grâce au football et à l’appui inconditionnel de ses parents. Le choc fut donc immense quand "Wasyl" perdit sa mère puis, il y a deux ans, son père lors d’un tragique accident. Le lien avec son frère, footballeur en D3 polonaise, s’est encore renforcé.

Un père attentionné, qui aime boire une bonne Guinness et regarder des comédies polonaises des années 70 : le personnage de Marcin Wasilewski ne peut évidemment pas se résumer à cette seule facette. Car "Wasyl", c’est aussi un joueur qui suscitait régulièrement la controverse au point d’occuper l’un des premiers rôles dans la vidéo montrée aux arbitres avant le début de saison.

En Pologne, le rugueux défenseur s’était déjà forgé une image assez costaude, mais pas autant qu’ici. Ex-attaquant, il a vite compris que ses qualités seraient surtout physiques. "J’ai l’habitude, quand je me lève, de faire des pompes jusqu’à ne plus en pouvoir, avait-il confié. Je ne serai jamais un virtuose du ballon rond, je le sais. Je ne suis pas un artiste. Et le football, ce n’est pas pour les fillettes."

Après l’incident de la semaine dernière, ces propos ont pris une drôle de résonance. Un autre joueur aurait-il subi la même agression ? Wasilewski a-t-il été victime de sa réputation ? C’est fort possible car en Belgique, il a souvent été pointé du doigt. Ses 33 cartes jaunes en 90 matches pour Anderlecht ne plaident évidemment pas en sa faveur. La polémique née de ses coups de coude à répétition avait aussi fait couler beaucoup d’encre mais cela l’avait aussi aidé à faire grimper sa cote de popularité auprès des supporters mauves ! "J’ai le sentiment qu’il avait compris qu’il ne devait plus faire ce genre de geste", regrette Ariël Jacobs.

C’est désormais certain : on ne verra plus un seul coup de coude de " Wasyl" cette saison. Mais le Sporting devra aussi se passer de l’engagement de son Polonais et de son influence dans le vestiaire. Sans Wasilewski, Anderlecht n’est plus tout à fait le même.