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Redevenir entraîneur n’était pas mon objectif. [...] Après avoir été sollicité, je me suis laissé un laps de réflexion. Je ne m’étais pas préparé à cette éventualité, car je n’aurais jamais imaginé pareille situation. La décision était difficile à prendre, car le challenge est difficile, mais j’ai finalement décidé de relever le défi. [...] Terminer dans le Top 6. C’est le premier objectif. Le second, c’est de réaliser de belles prestations sur la scène européenne. "

Fraîchement désigné comme successeur de László Bölöni, Dominique d’Onofrio ne se doutait sans doute pas, lors de sa prise de fonction, qu’à un match de la fin de la phase classique de championnat, ce serait le premier objectif qui semblerait le moins accessible. Mais celui que le Standard sollicite pour les missions d’urgence peut encore espérer relever son défi. Dès dimanche, aux alentours de 21h50, il saura si son pari osé, redonner à une âme à des champions de Belgique livides, sera pleinement gagné. Car pour ce qui est de l’Europe, sauf retournement incroyable de situation, le tour de force a été parfaitement réalisé.

Et c’est d’abord pour ses qualités de meneurs d’homme que celui qui a intégré le club voici douze ans, a été désigné pour tenter de redresser la barre. Pourtant, le parcours du petit Domenico, né à Castelforte en 1953, en Italie, ne semblait pas devoir le mener à de telles fonctions. Mais l’émigration de son père vers les mines belges en 1958 l’a déjà rapproché sensiblement du Standard. Avec son petit frère, Luciano, il enfile les chaussures à crampons dans les clubs de jeunes de Ans puis Tilleur, notamment. Le cadet percera en tant que joueur (Lucien passe entre autres par Winterslag et Portimonense en D1 portugaise) puis en tant que dirigeant (conseiller sportif à l’Inter, chargé des relations extérieures à Porto) et surtout qu’agent de joueurs (Preud’homme, Ikpeba, Léonard). L’aîné, lui, brillera dans des fonctions d’entraîneur, où il se distinguera en promotion. C’est lorsque Lucien entre dans le conseil d’administration du Standard que Dominique goûtera au très haut niveau. Mais à Liège, il fera rapidement oublier sa modeste expérience.

Par le passé déjà, il avait, résultats à l’appui, réussi à ramener les Rouches vers le haut du classement. Lors de la saison 2002-2003, Robert Waseige n’a fait pas long feu. Au bout de cinq matches et surtout au terme d’une défaite face au FC Bruges, la direction liégeoise décide de lancer le fidèle adjoint des Ivic, Preud’homme, dans le grand bain. Sans être saisissant, le redressement du club s’opère et se confirmera lors de l’exercice suivant, où le Standard grimpe sur le podium.

S’il est parfois critiqué pour le style peu chatoyant qu’il impose à ses troupes, Dominique D’Onofrio prône un jeu tout en solidité, basé sur une assise défensive de fer et des ballons en profondeur. Et sa méthode a fait ses preuves avec la deuxième place que les Rouches ont atteinte en 2006. Bien qu’il faille souligner le travail de Michel Preud’homme et de László Bölöni dans la conquête des deux derniers titres, il est évident que le Belgo-Italien a posé les bases de cet essor. D’autant qu’une fois passé directeur sportif, Dominique d’Onofrio a également joué un grand rôle dans la politique de recrutement rouche. Mais peut-être lui a-t-il parfois manqué d’audace pour franchir les derniers écueils.

Souvent à l’aise devant les médias, le frère de Lucien ne tourne que très rarement autour du pot. Son franc-parler, diffère pourtant du tout au tout avec celui d’un Bölöni. Là où le second cherchait la formule, le premier opte pour la simplicité.

Aujourd’hui de retour au premier plan, et doté d’un assistant de choix en la personne de Jean-François de Sart, le coach doit d’abord assurer une qualification historique pour les quarts de finale de l’Europa League, jeudi face au Panathinaïkos, avant de s’en remettre au "KaVé". Sans oublier de gagner à Gand, bien sûr.